Ramsès

louvre-roi-ramses_1On quitte Paris bien aimé sur un coup de calcaire, un peu à l’insu de son plein gré et on se retrouve à Bout de Brousse presque par hasard, apparemment bien à l’abri de tout et de tous… Et ben nan ! Faut pas se faire d’illusion.
Vous voulez savoir ? OK, je vous raconte…

Par un bel après midi d’été je m’allonge sur mon lit histoire de prendre un peu de repos avec un bon 39° à l’ombre et j’attrape mon bouquin pour assouvir une grosse envie de lecture. Ah que c’est bon !

J’appartiens à 10 merveilleux chats d’amour également en pleine sieste, non pas sur le lit bien collés à moi comme en hiver, mais affalés par ci, par là sur le frais carrelage. Si la température monte encore je pense que je vais faire comme eux, ils vont adorer et je ne donne pas 2 minutes avant qu’ils ne soient autour et sur moi. Comme lorsque je fais un peu de yoga, ils participent activement, impossible de faire une séance sans eux !

Soudain j’aperçois du coin de l’oeil Madouce qui passe devant la porte de ma chambre, puis ressort et revient, ce qui finit par attirer mon attention. Je suis un peu surprise, je l’ai juste aperçue mais aurait elle maigri ? Elle me semble plus grande. Bof, après tout, avec cette chaleur il est bien possible qu’elle mange moins. Mais j’entends le cri de la croquette, c’est probablement elle qui grignotte donc tout va bien.

Je replonge dans mon bouquin car il faut que je sache si l’héroïne va sortir de sa cabane ensevelie sous la neige (quand on n’a pas la clim, on se rafraichit comme on peut). Je perçois à peine Madouce lorsqu’elle passe de nouveau devant la porte mais je me demande quand même pourquoi elle ressort sur la terrasse avec cette chaleur écrasante lorsque je vois Calinou, Yoda, Pavarotti et Clio qui la suivent et quelques secondes plus tard Polpette, Pastis et P’tit Bout puis le reste de la tribu. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, faut que j’aille voir.

Dans les herbes hautes du jardin en contrebas de la terrasse j’aperçois le minois de Madouce et les autres chats autour. Ce n’est pas habituel, mais je ne me pose pas de question, il fait si chaud au soleil, tout est calme, les cigales chantent très fort, puisque tout va bien, je vais retourner à l’ombre de ma chambre.

Et en rentrant c’est le choc car je vois Madouce étalée sur le carrelage. Don d’ubiquité ? Je sais que mes matous sont capables de rentrer très vite dans la maison par d’autres ouvertures, mais j’ai comme un doute et mon coeur se met à battre un peu fort. Je file direct au bout de la terrasse me penchant sur la rambarde pour scruter le jardin. Je la vois toujours dans l’herbe. Je reste figée, ce n’est pas elle et je connais mes lascars, le moindre intrus dans la tribu est sauvagement mis à la porte. A ma surprise, le sosie de Madouce se couche dans l’herbe et laisse les autres l’approcher. Personne ne grogne donc ce n’est sûrement pas la première fois qu’ils se rencontrent. Je comprends soudain pourquoi je trouvais que depuis plusieurs semaines les bols de croquettes se vidaient plus vite que d’habitude. Ce petit coquin se faisait très discrètement passer pour Madouce et ça marchait jusqu’au moment où il a été moins prudent. J’ai pris seulement maintenant en plein flag le squatteur usurpateur d’identité, le petit coquin !

Lorsqu’un chat extérieur arrive tout de même à s’aventurer dans le jardin je le sais très vite car ma tribu se regroupe et fait front, miaulant et feulant pour intimider l’intrus qui n’en mène pas large. C’est le moment où j’interviens, j’enferme mes matous dans la maison pour pouvoir laisser grand ouvert le portail qui mène vers la forêt. Le lendemain matin, le chat inconnu est reparti à son aise vers sa maison et la vie reprend son cours.

Je suis sidérée de voir que le petit voyou qui se faisait passer pour Madouce est presque comme chez lui, les miens, je ne sais par quel miracle, semblant l’avoir accepté. Je ne peux pas adopter un 11eme chat, donc procédure habituelle pour cette nuit, le jardin sera ouvert pour qu’il puisse repartir chez lui. Il n’en fait rien car je le retrouve le lendemain et voyant que je ne lui veux que du bien, il s’installe de plus en plus.

Je le mets en confiance et il vient petit à petit. C’est vraiment le sosie de Madouce, mais il est très haut sur pattes. Spontanément je l’appelle GrandGibus. J’ai l’impression qu’il est jeune bien qu’il soit très calme, il semble également en bonne santé. Dans les semaines qui suivent il ne se contente plus d’aller jusqu’aux bols de croquettes, il s’aventure davantage dans la maison. D’ailleurs il veut absolument dormir avec moi sur le lit. C’est chose impossible car les miens n’accepteraient pas pareille trahison, faut pas pousser hein ! Ils ne partageront jamais leur lit (Voui, ce n’est pas le mien, c’est celui des chats). Le matou n’a pas de tatouage mais il est évident qu’il a l’habitude d’une maison. Il aime mes câlins et dès qu’un de mes chats passe près de lui, il se met en position de soumission. Tout se passe bien mais faut que je retrouve ses maîtres.

J’en parle autour de moi, je mets des mots sur les vitrines des quelques magasins du village. Je dois passer voir mon véto pour faire le plein de croquettes et je demande si quelqu’un a signalé un chat perdu depuis 2 mois environ. L’assistante vétérinaire regarde sur son cahier et me donne l’exacte description de mon GrandGibus perdu depuis 3 mois. J’appelle aussitôt le numéro. Je parle du matou et une voix féminine pleine d’espoir me dit qu’elle n’y croyait plus, elle va essayer de rentrer plus tôt de son travail. Je l’attends toute contente, tout correspond je suis donc presque sûre que je vais les réunir.

Lorsqu’elle arrive je fais alors connaissance d’une amoureuse des chats et comme moi elle en a beaucoup. Elle habite à quelques centaines de mètres, elle m’explique que son voisin n’aime pas les chats et il fait tout pour les effrayer bien qu’ils ne puissent entrer dans son jardin. Le jour où son chat a disparu le voisin se vantait de lui avoir fait très très peur ! Pffff !

J’emmène la jeune femme vers la terrasse où se repose GrandGibus. C’est l’angoisse, pourvu que ce soit bien son chat. Dès que j’entends sa joie j’ai comme un grand soleil à l’intérieur. Ouf ! Je ne lui ai pas donné de faux espoirs, elle est si heureuse de retrouver son matou et moi de savoir qu’il va retrouver sa maîtresse qui en pleure de bonheur et moi avec elle !

Elle m’apprend que le pépère est âgé de 13 ans ! Il ne fait vraiment pas son âge, et il s’appelle Ramsès !

Photo internet : Le Louvre – Ramsès

Publicités

18 réflexions au sujet de « Ramsès »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s