Bénédiction

neemrana-fort-palaceJe n’oublierai jamais ces quelques semaines en Inde, au Rajasthan…

Je n’oublierai jamais cette soirée avec Sudhir,, l’air était doux, l’encens parfumait légèrement la grande terrasse sur le toit de l’ancien palace, au loin les mélopées nous berçaient, nous étions seuls.
Il a murmuré qu’il sentait tant de douleur en mon coeur. Il m’a demandé s’il pouvait prier pour moi et me bénir. J’ai accepté.
Il a pris mes mains et a commencé à prier pour moi sous les étoiles.

Puis je lui ai demandé la permission de le bénir à mon tour et de prier pour lui.
Il a accepté.

Moment très intense et privilégié, très fort partage entre deux religions, entre deux races, entre deux terriens…..

 

Photo internet

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La Californie

P1020459J’imaginais la Californie comme une carte postale, le soleil, les plages, les belles blondes en maillot et rollers, les beaux gosses bodybuildés tentant de nous faire croire que c’est naturel…

Pour quitter San Francisco nous avons choisi de longer la côte californienne et avons découvert une très jolie route sur ce bord de mer escarpé. Les virages à n’en plus finir, à la lisière de forêts magnifiques nous laissent découvrir un décor que les studios d’Hollywood ne peuvent imiter. Ces forêts somptueuses sont heureusement déclarées sites protégés ainsi que la côte recouverte de tapis de fleurs rousses à flanc de coteaux menant à des criques et des calanques sublimes. Un ravissement.

La Californie, c’est aussi des loutres batifolant dans les algues, regardez bien, tout en bas, oui, elles sont juste là….    Un léger vent doux et tiède, nous offre les conversations lointaines des otaries et des éléphants de mer, quelques virages plus loin et de nouveau le calme, le silence, les points de vue inattendus, la quête comblée de mon amoureux sur les traces de Kerouac et de  Miller. Les chaudes couleurs du jour font la révérence devant la tendre luminosité qui va nous mener vers une soirée bleutée.

La Californie c’est aussi l’impossibilité de capturer un coucher de soleil sur l’océan, beau à couper le souffle et la surprise d’arriver juste à temps pour voir les elephant seal se faire des mamours pour se souhaiter bonne nuit et s’affaler de tout leur poids bien confortablement sur le sable, les plus jeunes serrés en petits groupes, bien en sécurité. La satisfaction d’apprendre que l’humain fait aussi de belles choses en les sauvant d’une disparition certaine.
C’est le plaisir d’être ensemble pour admirer, sentir, aimer. C’est la gentillesse et la courtoisie autour de nous. Le temps qui ralentit pour nous laisser du temps…

Chicagoan gourmandise

The Cheesecake Factory J’ai fait une infidélité à mes bien-aimés macarons sans gluten de chez Cabiron !

Et oui, je dois tout avouer, sans rouge aux joues, sans remord ni regret. Mais faut me comprendre, cépamafote ! C’était carrément de la provoc, et moi je ne peux pas résister. Faible je suis !
Et puis c’est presque comme si ça ne compte pas car ça s’est passé à Chicago, j’estime que plus de 7 000 km de distance c’est vraiment loin de mes macarons préférés…Quoi ? comment ça loin des yeux, loin du coeur ? Moi de je dis faute avouée est à moitié pardonnée (c’est vraiment bien cette formule, parce que je crois que j’en ai d’autres à avouer… 😳 )

Nous passons devant le Cheese Cake Factory, ça tombe bien car nous avons faim. Il est un peu tôt, mais étant constamment en plein jet lag au fur et à mesure des changements de fuseaux horaires, on ne se pose pas de question.
Nous demandons à l’accueil s’il y a des plats sans gluten. Yes ! Il y a même une carte dédiée, ça c’est cool ! Je frétille de joie ! Je frémis de bonheur en passant devant la vitrine où s’alignent des cheese cakes somptueux, dans ma tête ça chante comme une cigale au soleil ! Bref, I’am happy, je vais avoir un vrai dessert comme tout le monde !
Qui a dit que je suis gourmande ? Oui bon c’est vrai, si peu, juste un tout petit peu…

Le serveur nous reçoit très agréablement et nous propose de le suivre pour nous installer. J’ai l’impression d’entrer dans un gâteau ! le style art déco est surprenant, mais très chaleureux. Je suis DANS un cheese cake géant ! Parfois les rêves deviennent réalité !

Carte normale pour mon amoureux qui n’aura que l’embarras du choix. Mini carte spéciale pour moi avec des propositions alléchantes.
Notre serveur est très sympathique et prévenant, veillant à ce que rien ne puisse contaminer mes couverts ou mon verre, prenant grand soin à me rassurer en m’expliquant en détail que les plats élaborés sans gluten sont garantis. Il n’y a pas trop de monde pour l’instant, nous prenons le temps de discuter et de rire, la France le fait rêver et nous lui souhaitons de pouvoir venir visiter notre pays…

J’opte pour un hamburger maison AVEC le pain ! Si ! Si ! j’insiste, c’est important alors je le répète, AVEC le pain, préférant me priver totalement des différents pains sans gluten qui m’écoeurent dès la deuxième bouchée.
N’ayons pas peur des mots, je suis une frustrée du pain. Pour avoir été moult fois déçue, je suis donc quand même un peu dubitative quant à la qualité et la texture du pain que l’on va me servir.
Cette fois je suis très agréablement surprise, c’est presque comme du vrai pain ! De plus la viande est parfaite et les légumes bien frais. Je me régale et n’en laisse pas une miette !
C’est copieux et il ne reste plus de place dans mon bidou, mais…… sur ma carte il y a un cheese cake chocolat qui n’attend que moi. Vous me comprenez quand je dis que c’est de la provoc, parce que frustrée du gâteau je suis également. Je ne fais donc aucun effort pour résister, sans même l’ombre d’une pensée pour mes chers macarons adorés.

Mon chéri ne résiste pas non plus et porte son choix sur un vanille – griottes.
Les cheese cakes arrivent, ils sont énormes… Beaux… Mais énormes… Mais si beaux ! Avec courage et détermination nous attaquons nos desserts. Mhhhh ! Miam ! Ahhhh ! Ohhhh ! Soupirssss ! Délectation ! Un gâteau sans gluten qui a le goût d’un vrai, c’est jouissif après des années de privation. Je n’arriverais pas à le terminer, à mon grand désespoir, mais je n’en ai pas laissé beaucoup hein, faut pas exagérer !

Je reviens à la réalité et constate que maintenant le restaurant est bondé au point de ne plus savoir où se trouve la sortie. Repus nous avons du mal à nous extraire de notre confortable booth et nous nous demandons si nous allons arriver à marcher sans nous transformer en culbutos ! Mais ce ne sont pas des cheese cakes qui vont arrêter deux valeureux français visitant Chicago ! Nous nous regardons, on y va ? Oui, allez, Go !

Il faut que je sois honnête, le meilleur cheese cake sans gluten de l’univers est incontestablement celui que mon amoureux me concocte avec amour. Quand il m’apporte fièrement son gâteau, heureux de me faire plaisir, ça chante de bonheur dans ma tête et dans mon coeur aussi…

Mon petit bout de chance

Rio GrandeA Rio Rancho au Nouveau Mexique, je me promène avec Byron et Mason sa fille de 7 ans sur les bords du Rio Grande. Le temps est doux et la ballade agréable. Le fleuve nous accompagne tranquillement, je fais le plein de souvenirs, de couleurs et de bonheur.

J’aurais aimé voir les ours, je sais, vous pensez tout de suite que courageuse je suis…  Mais j’ai quand même croisé des sauterelles. Oui j’en conviens, ce n’est pas le même gabarit, mais je fais avec ce qu’il y a ce jour là.
Mason attrape un joli serpent noir et vert, il est terrorisé et se met à tournoyer, il faut le relâcher avant qu’il se blesse, je n’ai pas eu le temps de le caresser, il s’est trop vite caché dans les cailloux.
J’apprends que les yuccas servaient aux indiens pour de nombreux usages et les pointes de ses feuilles dures et ligneuses sont affutées, gare à qui les frôle !
Nous traversons un champ de fleurs jaunes pour découvrir un banc de sable marqué par les larges traces des oies sauvages qui cherchent à dormir en sécurité à l’abri des buissons quand tombe la nuit.

Byron et sa fille aiment parcourir les berges du Rio Grande, cherchant les turquoises que le fleuve dépose sur ses rives lorsque son niveau décroit. Il m’explique que lors de certaines cérémonies les indiens aiment à y jeter des bijoux en offrande pour calmer ses colères.

Il est rare d’en trouver me dit-il au moment même où je m’exclame, ahhh ! I found one ! Du moins je pense que c’est ça ! Au milieu d’un amas de gravier de toutes les couleurs, car le territoire est riche en minerais de toutes sortes, une tâche vraiment minuscule de ce bleu-vert a attiré mon oeil. Serait-ce un morceau de bijou indien ? Byron se précipite, oui ! c’est une turquoise ! Il me congratule car il est rare de trouver une perle, de plus elle est pâlie par le temps… Valeur ajoutée ! Il me dit que ça porte chance.

J’ai remercié le ciel pour  l’indien qui a fabriqué ce bijou sacrifié et pour le fleuve qui me l’a offert en retour. Je suis toute contente, je vais emporter en France mon petit bout de chance.

photo ph.c

Il faut choisir..

P1020350Mon écrivain préféré ne se contente pas d‘écrire des livres, il s’est découvert depuis 1 an une seconde passion, la photo.

Il a investi dans un appareil, pris quelques cours et comme il a l »oeil affuté… Je kiffe comme disent les djeuns !

Lui il sait ce qu’il faut photographier et il sait raconter, vous trouverez donc entre autres choses sur son blog des photos et récits de notre journal de voyage aux USA.

Moi, c’est lui que j’aime photographier, c’est déjà pas mal ! Donc entre le Golden Bridge et lui…

Mais bon, chut ! Je compte sur vous, il ne faut pas lui dire que j’ai écrit un billet à sa gloire, ça va le mettre mal à l’aise et il va me priver de bisous (et ça c’est inenvisageable ! 😉  )

L’homme en noir

Quand je l’ai rencontré, je ne savais pas que je penserais souvent à lui.

Albuquerque, au Nouveau Mexique, est une ville immense dont nous ne visiterons essentiellement que le plus vieux quartier. Mon amoureux se régale à photographier les bâtiments style adobe, les spécificités indiennes, l »ambiance…  Capturant les couleurs, les lumières, les transparences.

J’étais donc seule et je marchais tranquillement, mémorisant au maximum pour faire provision de souvenirs, profitant pleinement du calme étonnant qui se dégageait. J’aime bien flâner comme ça au hasard, une et anonyme, découvrir un territoire, croiser des inconnus, passer sans laisser de trace ou faire des rencontres parfois étonnantes. Il y a très peu de monde et pas de véhicule, c’est rare et appréciable.

L’homme en noir est assis sur le muret qui entoure l’église ocre au coeur de la plazza historique. Dès que je l’ai vu, mon coeur a été immédiatement attiré, comme happé.
Je ne me suis pas arrêtée mais seulement assise un peu plus loin et je l’ai regardé.
Lorsque je suis passée devant lui j’ai eu soudain la sensation de ne plus être seule dans ma promenade ! Ah bon ? Le destin me fait un signe, je le sais, je le sens, mais comme à chaque fois, c’est indéfinissable. Je ne comprendrais qu’a posteriori qu’il s’agit de celui que je viens de croiser et qui ne m’a d’ailleurs même pas vue.

Un jeune homme s’est posé près de moi, comme pour détourner mon attention. Je l’observe un instant, mais mon esprit est aussitôt rattrapé par cet autre là bas sur le muret. Le visage du biker en noir semble tanné par le soleil, il vient peut être des indiens ?
Il est immobile; mais quelque chose m’interpelle, un peu comme si nous nous étions déjà connus… C’est bizarre.
Aucune rencontre n’est anodine, je le sais. Impossible de définir ce qui me donne envie d’entrer en contact. Il est certain que nous avons quelque chose à partager puisque j’ai envie de lui parler. Je n’ose pas. Je me raisonne et je me sens un peu bête, je ne vais pas aller vers lui comme ça, je ne saurais même pas quoi lui dire… Sans savoir pourquoi, j’ai eu cet élan, j’ai écouté mon coeur qui me disait « go » (oui mon coeur parle anglais quand il le faut) Parfois, il faut savoir ne pas réfléchir pour laisser les choses se faire simplement.

Hi ! may I take a picture ? Je sais, ce n’est pas très original comme entrée en matière, mais c’est la seule chose qui m’est venue à l’esprit. J’attends une longue seconde, et il me répond OK. puis il ajoute I can’t smile ! Je sais à cet instant précis, avec fulgurance, qu’il sera dans mes prières. Sa voix grave est chaude, surprenante de douceur. Contrairement au style américain, il parle lentement, comme s’il réfléchissait chaque parole prononcée.
Il répète, I can’t smile ! J’ai l’impression de le déranger et suppose donc qu’il ne voudra pas discuter. J’en suis déjà désolée, prête à le laisser tranquille. J’imagine qu’il est peut être triste ou qu’il ne veut pas montrer une dentition laissée à l’abandon, je prends donc très vite une photo pour ne pas l’importuner davantage, et je le remercie.

Il y a une magnifique moto rouge, absolument superbe, garée tout près. Je dis qu’elle est splendide, je le remercie encore et lui dis au revoir. Je pars et sa voix tranquille et douce me rattrape aussitôt. Il n’a toujours pas bougé, seul son visage se tourne vers moi. Il me demande alors d’où je viens, je réponds : from France. Je m’attends à ce qu’il ne connaisse pas, comme souvent les américains, et je me prépare à dire ‘Pârisss », en général ça marche mieux, mais à mon grand étonnement ce sera inutile.

Je découvre alors son magnifique sourire. Il me demande mon prénom, combien de temps je vais rester, si c’est la première fois que je viens…

Il est tellement calme et mesuré dans ses paroles… Comme un chef indien qui ne prononce que les mots nécessaires.
Il me dit qu’il s’appelle John, il voyage ici où là, sa maison est son pays. Il me dit aussi qu’il a 76 ans, qu’il est vieux et va bientôt aller là haut en me montrant le ciel avec sa main. Je lui réponds qu’il a le temps ; Il a un petit geste qui me laissera songeuse. Il est très beau, j’ai envie de le lui dire, et bien d’autres choses encore, mais je ne sais pas comment faire passer le message en anglais sans que cela soit mal interprété, alors je ne dis rien…

Je me retourne et je le vois de dos, il marche d’un pas tranquille et souple.
La silhouette noire avance droit devant sous le soleil. Nos routes se séparent et ma prière commence en silence…

Longue et douce vie à toi JohnP1020591

Ca commence bien !

10787671524_94a26cd00e_bMon amoureux m’a emmenée faire un petit tour en avion et j’avais promis de venir vous en parler, Il faut que je raconte le début, parce que ça commence bien…

…On a nos billets et nos passeports, nous sommes fins prêts, le réveil n’est pas tombé en panne, nous sommes dans les temps, allez, go ! Direction l’aéroport. Tout va bien, l’avion, a eu du retard, mais il nous dépose à Londres où nous aurons quand même 1h00 pour prendre la correspondance pour San Francisco. C’est nickel ! Mais nous nous apercevons que l’hôtesse en France ne nous a pas enregistrés jusqu’aux USA. Non mais quelle idée ! Bon, pas grave, pleins de confiance, on se dit que ça va être chaud, mais nous allons courir se faire enregistrer et repasser les douanes ten fingers in the nose !.

Mon amoureux est bilingue, donc ça aide bien. Nous expliquons notre situation à un employé qui nous fait passer en priorité devant la longue file d’attente, et le check in effectué,il faut trouver la douane.On y arrive, mais il y a un monde fou. Nous nous regardons et on se comprend. Allez on fonce ! Sorry ! please ! my plane leaves in few minutes ! May I ?,Thank you ! Les gens sont sympas et nous laissent passer, on arrive haletants devant les douaniers, mais contents car nous sommes encore dans les temps. On se déshabille, on met tout dans les bacs en plastique et on passe les portiques, tout va bien. Mais soudain je blêmis…. Où est mon passeport ? Et mon billet ? Je les avais à la main il y a 2 minutes, ils étaient dans un des bacs et là….. plus rien ! On fouille toutes nos poches, nos sacs, on regarde par terre, on alerte la douanière anglaise aussi aimable qu’une porte de douane. Elle s’en fiche.

Mon amoureux me laisse son sac à dos pour que je puisse encore vérifier, il me dit qu’il court attraper l’avion pour le retarder de quelques minutes. Maintenant quand on y pense ça nous fait rigoler. Avant les avions attendaient les passagers retardataires; mais ça c’était avant !

Complètement déconcertée et un brin paniquée, j’avise un agent de sécurité et je lui saute sur le poil, lui raconte ma mésaventure dans mon anglais venu du fond des temps préhistoriques en lui précisant que mon avion va décoller dans quelques minutes.
Le brave jeune homme va interpeller la douanière qui continue à ignorer mon désespoir lorsque j’entends derrière moi une voix masculine qui demande très courtoisement  is it a french passport ? Je me retourne et je crie Yessssss à un très distingué et so british gentleman très embarrassé qui m’explique qu’il a déposé par mégarde ses affaires dans le bac avant que je puisse récupérer mon passeport et mon billet. Il les a donné à quelqu’un des douanes.

L’agent de la sécurité me demande d’attendre et se dirige vers un bureau pour en ressortir avec mon passeport et mon billet ! Ô joie ! J’ai presque envie de lui faire la bise, mais je n’ai pas le temps. Je suis au niveau de la porte 6 et je dois embarquer porte 48. Ceux qui connaissent Heathrow compatiront…

J’enfile les deux sacs à dos, un devant et l’autre derrière. Mais comme celui de mon compagnon est lourd avec tous ses appareils photos, dont un argentique bien lourd. Allez, rien ne gâchera mon voyage et ma veste sous le bras je fonce….

Malgré ma déclaration d’amour, mes petons sont toujours douloureux, mais je serre les dents et je cours comme une championne olympique, enfin, pour être honnête, la même mais en version  rouge, suant, soufflant, serrant les dents, mais je cours quand même et tant pis pour le ridicule et tant pis pour la douleur, je l’aurais cet avion, je l’aurais !  J’ai même l’oeil fier deBip Bip quand Vil Coyote cherche à le stopper, mais je grimace à l’intérieur. Avec m:es sacs, j’ai plutôt l’air d’un gracieux hippopotame qui court en boitant comme un canard.

Je suis bien attentivement les panneaux qui me mènent à la porte 48, je monte, je descends, je tourne et tourne encore à chaque indication et je me retrouve au sous-sol pour monter dans la navette souterraine. Je suis décomposée car si elle ne démarre pas immédiatement, je vais rater mon avion ! Et je vois mon amoureux qui m’attendait, il n’avait pas voulu prendre la navette sans moi et il guettait  impatiemment depuis un bon moment tous ceux qui déboulaient de l’escalator. Nous sautons dans le wagon et la rame démarre, il reprend son sac à dos, ouf, c’est déjà ça de moins !. J’essaie de récupérer mon souffle, de soulager mes pieds mais mon taux d’adrénaline est si haut que je ne me rendrais compte que plus tard à quel point j’ai mal.

Nous descendons enfin de la rame et nous continuons à courir jusqu’à la porte 48, nous sautons dans un ascenseur où se trouvent déjà 2 pilotes qui, nous voyant souffler et transpirer nous demandent à quelle heure part notre avion. A 2 pm, il nous reste à peine 12 minutes ! Dont’ run nous disent-ils, vous aurez le temps. C’est gentil de nous rassurer, mais les portes de l’ascenseur à peine ouvertes, nous reprenons notre sprint. Bien nous en a pris car à peine embarqués, les portes de l’avion se sont fermées… Je n’étais plus rouge, mais blanche d’épuisement !

Compatissante l’hôtesse des premières classes m’a offert un verre d’eau, dans un verre en verre, pas en plastique, un verre chic pour les premières classes,  pour que je reprenne des couleurs… Le steward qui s’occupera de notre rangée me demande d’un air inquiet are you OK ? …. Euhhhh I don’t know, je suis sur le point de défaillir, oui, mais DANS l’avion !
Enfin nous voilà assis, attachés, et nous poussons de longs, très longs soupirs de soulagement. Je peux raconter à mon compagnon ce qui est arrivé à mon passeport, puis j’essaie de me détendre. Il me faudra plusieurs heures pour faire retomber le stress et récupérer de ma fatigue, et encore plus pour soulager mes petons jolis. Je suis fière d’eux, ils m’ont portée jusqu’au bout, ils ne m’ont pas laissée tomber ! Allez, tout va bien ! L’Amérique nous tend les bras ! Nous sommes heureux !

J’ai emporté son sourire…

A Djerba la Douce, en 2004, je pars en vacances avec des amis. Nous prenons du bon temps, on devient dorés comme des brugnons, les « gazous » draguent les « gazelles », la vie est belle, nous n’avons que l’embarras du choix entre plages, excursions et visites… nous nous vidons la tête des soucis, de la vie quotidienne, de la France. C’est la détente et l’insouciance, on nage, on rigole, on court.. on a envie de croire que la vie est belle et on y arrive ! nous marchons beaucoup et j’aime me fondre dans la foule, parler avec les gens du pays, écouter les mots que je ne comprends pas,  voir toutes ces couleurs, happer par-ci par-là les parfums des épices,  boire un bon thé à la menthe avec mes potes, à l’ombre d’une jolie terrasse, parler de tout et de rien. Je me sens bien et je réalise à quel point j’ai de la chance. Cette petite semaine de vacances va me faire un bien fou, j’en suis sûre mais j’étais loin d’imaginer à quel point !

Par une belle journée de soleil, nous décidons d’aller nous balader au gré de nos envies, Nous savons que rien n’est anodin, et nous irons là où le vent nous mènera. Nous passons devant un centre spécialisé pour enfants qui nous semble bien modeste et nous décidons d’aller faire un don. Le directeur nous reçoit, il tient absolument à nous faire visiter l’établissement qui est plus que sobre et qui manque visiblement d’équipements adaptés. Il nous entraine fièrement vers une salle de classe où un professeur spécialisé essaie d’aider les enfants. J’écoute son discours mais très vite je lâche prise car un petit garçon d’une dizaine d’années assis sagement à son bureau devant moi attire de suite mon attention.

Nous nous « regardons » pourtant son regard est presque vide. Je me sens mal à l’aise. il ne détourne pas la tête un seul instant et je ne comprends pas ce qu’il essaie de dire avec ses yeux. Son visage quasi inexpressif se veut de plus en plus insistant, et moi je reste bêtement plantée là, à le regarder en me posant plein de questions.

Soudain, il s’agite, et dans un grand geste désordonné il lance maladroitement sa main par dessus son bureau, la paume ouverte et il attend.
Je ne comprends pas pourquoi sa main est là pendue dans le vide, à quelques centimètres de moi, je ne sais pas quoi faire, ni quoi dire, mais il est figé, il garde obstinément sa main comme ça et moi je suis toujours plantée là…

Tout d’un coup, j’ai une pulsion et je lui prends doucement la main et là, le choc ! son visage inexpressif prend vie, il me sourit ! mais je veux dire : il me sourit vraiment, du plus profond de son âme.  Tout son visage s’illumine, ses yeux deviennent joyeux. Il paraît véritablement content car il se met à rire et il semble heureux. Une joie authentique émane de ce petit garçon qui me remplit le coeur d’une forte émotion. Je réalise soudain que je reçois plein d’amour. Je ne saurais pas comment l’expliquer, mais c’est très fort ! je ne m’y attendais pas, et  je suis tellement bouleversée que je me prends aussi une bonne paire de baffes émotionnelles ! J’ai besoin de quelques instants pour entrer en acceptation de toute cette émotion, puis à mon tour je suis enfin capable de lui sourire et son regard heureux me transperce le coeur. Je tremble un peu, j’hésite entre les larmes et la joie, je suis complètement désemparée. Puis il faut se dire au revoir, je marche à reculons et lui fais des signes en partant. Jusqu’au dernier moment, il ne me lâchera pas des yeux.

Lorsque j’ai quitté l’établissement j’ai emporté son sourire. Puis j’ai eu honte ! moi l’étrangère, moi la bien portante, moi qui n’ai pas tendu la main la première…

Photo : Philippe C.

Le lac sacré

pushkar 2005J’ai eu l’occasion de faire un fabuleux voyage en Inde, au Rajasthan. j’ai rencontré des gens merveilleux, vécu des moments rares et précieux, parmi ceux-ci, même si je n’ai pas les mots pour bien le raconter, je voudrais partager celui que j’ai eu la chance de vivre lorsque mon périple s’est terminé à Pushkar.

Je n’oublierai jamais l’aube de ce matin de novembre 2005. Il est à peine 4h00, la lune de Kartik est pleine et brillante, il fait encore nuit, ce n’est pas encore le moment du bleu, le soleil viendra plus tard. Je les distingue à peine, mais ils sont déjà des centaines autour du lac sacré. La mélopée douce et envoutante des mantras murmurés pénètre petit à petit en mon âme, je reste debout et j’écoute.

Enfin le jour se fait discret, il colore à peine le lac, les saris et les dhotis des pèlerins de petites lueurs chaudes. Les silhouettes se dessinent. la foule est impressionnante, tout comme le calme et la ferveur qui s’en dégage. Je reste à l’écart, pour ne pas leur voler ce moment de communion sacrée, pas de photo ce jour là.
Comment décrire cette intense émotion qui m’envahit lentement ? Le Dieu Brama est là pour eux, d’aucun diront qu’il est là aussi pour moi…… peut être, oui…. peut être….
Je sens mon âme emportée par toute cette bienveillante énergie qui émane des milliers de croyants qui continuent d’affluer sans cesse, lentement, avec sérénité. Une telle énergie de foi et d’amour, une telle confiance venant des plus humbles, ce mouvement porteur d’espérance me touche, je ressens comme une vibration et soudain la carapace qui contient mon coeur en miettes s’entrouvre et laisse passer un peu de lumière. Quelle impression surprenante. Faut-il se sentir mourir pour pouvoir renaître ?

Le son d’un instrument mélodieux inonde la foule, c’est le signal, le temps est arrivé : Les prières s’intensifient d’amour et d’espoir, de peines et de blessures, tout fait écho en moi.
Il sont des milliers maintenant, je m’unis à eux, doucement mon coeur commence à prier. La gratitude m’envahit, Je voudrais remercier et lentement, avec humilité et concentration, mon corps se met à bouger, spontanément je déroule un doux kata qui s’appelle « la voix du ciel ». Ma prière se fait danse, c’est ma petite offrande…
Personne ne me voit, ou si peu, je m’autorise enfin à lâcher prise et mes larmes coulent pour les blessures, pour les bonheurs, pour la vie qui me porte et m’anéantit parfois.
Mon kata terminé, je ne suis plus qu’offrande et je reste plantée là, les pieds enracinés dans le sol indien et la tête dans le ciel que le soleil commence à rougir.
Longtemps encore, je reste immobile, j’écoute, je sens, je ressens, j’absorbe, Je prends un moment au temps. Je voudrai sortir de moi pendant que le soleil se lève lentement. J’ai laissé un peu de moi, là bas, au bord du lac sacré de Pushkar.

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Derrière le temple

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Au Japon, avril 2008, le temple est envahi de touristes dont une très large majorité de japonais car c’est leur seule semaine de congé dans l’année pour « Bokutei Sakura Matsuri » ou la « fête des cerisiers en fleurs ». Je m’éloigne de la cohue et de l’agitation pour prendre le temps de savourer cet instant et derrière le temple une surprise m’attend.

Calme, douceur, tranquillité, 2 jeunes femmes, souriantes, sereines,en kimono en l’honneur de la « contemplation des fleurs de Sakura » . Un peu plus tard, elles partiront sous les merveilleux cerisiers fleuris pour partager un pique nique en famille.

Petit moment précieux, on se parle par signes, on se comprend un peu, du moins il me semble. Elles se serrent pour me faire une place près d’elles sur leur banc. Quelques instants plus tard, tout se tait en moi, la quiétude prend enfin place en mon coeur et le temps s’arrête…

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Liberté

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« Les gens qui aiment les chats adorent cette indépendance qu’ils ont, car cela garantit leur propre liberté.
Ils ne supportent pas les entraves, ni pour eux mêmes, ni pour les autres.
Ils ont cet orgueil de vouloir être choisis chaque jour par ceux qui les aiment et qui pourraient partir librement, sans porte fermée, sans laisse, sans marchandage, et rêvent bien sûr que l’amour aille de soi, sans effort et qu’on ne les quitte jamais.
Ils ne veulent pas obtenir les choses par force et voudraient que tout soit donné librement.
Les gens qui aiment les chats avec infiniment de respect et de tendresse auraient envie d’être aimés de la même manière……. qu’on les prenne tels qu’ils sont….. et que leur présence soit un cadeau. »

Texte emprunté à Annie Duperey

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Un peu de douceur

ob_094a2f3ccd3c8e2136e4268d69f5ab81_img00112Papys japonais en pique-nique sous les cerisiers à l’apogée de leur floraison,le jour de la fête de sakura. Ils discutaient, riaient, se congratulaient et partageaient leurs repas. Ils étaient concentrés sur le moment présent et le vivaient pleinement.
Près d’eux, sur un joli drap brodé, un groupe de jeunes filles faisait de même, mais elles n’ont pas voulu que je les photographie… dommage.

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Sur le quai

greceJe n’oublierai jamais le jour où je me suis retrouvée seule sur un quai en Grèce, avec 4 brochettes toutes chaudes à la main. Oui ! oui ! ne riez pas (enfin si, un peu ! )

Vous voyez l’image ? J’avais à peine 19 ans, toute fraiche et mimi, je ne portais qu’un Jean, un petit T.shirt rose et 4 brochettes ; Oui, sur le quai d’un petit port grec quasiment vide. C’est ce que j’appelle un intense moment d’incompréhension et de solitude. Où sont passés mes 3 copains ?

Je vous situe l’histoire. J’étais en vacances, en 4L avec mon copain et 2 autres garçons en moto. Nous avons suivi toute la côte italienne, puis la côte yougoslave, contourné l’Albanie et nous sommes arrivés en Grèce ! Je me laissais vivre, chouchoutée par les 3 garçons qui s’occupaient de tout. Je ne cherchais même pas à savoir quelles étaient nos étapes ! bref, la déconnexion complète, les vraies vacances ! (sourire de béatitude)

J’avais juste entendu que pour le retour nous devions prendre 2 bateaux, 1 pour une courte distance et l’autre pour presque 18h00 de trajet.

Par une belle matinée ensoleillée nous sommes arrivés sur un quai. Il y avait foule ! un nombre impressionnant de véhicules, garés dans tous les sens, en attente pour monter dans le bateau qui n’était pas encore là. L’ambiance était chouette, ça parlait dans toutes les langues, ça riait, l’attente commençait à être un peu longue, mais nous étions tous de très bonne humeur.

On a vu un bateau arriver lentement vers le port et c’est à ce moment là que les 3 garçons ont eu une petite faim. Ils m’ont gentiment demandé si je voulais bien aller chercher des brochettes dans la petite rue au bout du port pendant qu’ils rentreraient les véhicules dans le bateau si c’était le nôtre. Il y a tellement de monde et de voitures que j’aurai largement le temps d’aller acheter les brochettes. Je prends juste un peu de monnaie et j’y vais tranquillement.

Ca sent très bon et ça vaut le coup d’attendre car d’autres ont eu la même idée et les brochettes sont magnifiques. Enfin mon tour arrive, il n’y a plus que moi, j’en commande 4, je les vois griller doucement et mes papilles en frétillent déjà !

Je repars enfin triomphalement avec mes 4 belles brochettes à la main, contente de mon achat et de la joie des garçons quand ils me verront arriver avec des souvlakis aussi appétissantes et là…….. je stoppe net ! le quai est vide ! quoi ? comment ça le quai est vide ? J’ai du me perdre ! il doit y avoir un autre quai ailleurs, c’est évident ! Je tourne dans tous les sens et je dois bien me rendre à l’évidence, ce petit port n’a qu’un seul quai. Bon OK, mais où ont été atomisés les centaines de personnes et de véhicules ? hein ? ça ne disparait pas comme ça quand même ! Je lève les yeux, nan ! nan ! pas d’ovni ! ouf ! c’est déjà ça !

Incrédule, je m’avance sur le quai avec mes brochettes en bouquet et je cherche désespérement les garçons lorsqu’il me semble entendre vaguement, venant de très loin, un sifflement léger et des « cris murmurés  » mais je n’arrive pas à les situer. Je scrute la mer et au bout d’un long moment j’arrive à entrevoir le bateau, tout petit, beaucoup-trop-petit-parce-que-déjà-loin ! je devine à peine les 3 garçons en train de s’agiter et crier des mots que je n’entends pratiquement pas !

Je n’oublierai jamais ce moment étrange sur ce quai complètement vide quand j’ai réalisé que les garçons, la voiture et la moto étaient dans ce bateau !

J’étais plantée là, avec mes superbes brochettes à la main.

Probablement avec un air hébété ; Je n’y croyais pas ! ce n’était pas possible, ce n’était qu’un gros coup de soleil sur ma tête sans chapeau, je devais sûrement halluciner. Oui c’est ça ! une grosse hallucination à cause du soleil ! c’est bien ça comme idée ! ça tient la route et donc, comme toute hallucination, ça va passer hein ?

Ben non !

Je n’oublierai jamais ce sentiment de « perdition », étant sans argent et sans papier, sans parler le grec, sans savoir où j’étais et où on allait puisque je me laissais porter et ne m’occupais de rien…. (re sourire de bonheur)

Ils avaient osé laisser sur le quai la seule fille ? rhaaaaaa !!! (regard noir de colère)

Après quelques secondes d’angoisse, je prends les choses en mains (enfin avec celle qui est sans brochettes) et je cherche l’agence qui doit vendre les billets du bateau. Je saurais ainsi si le trajet est court et attendre les garçons pour les trucider ou si je dois trouver une ambassade pour me faire héberger !

J’ai beau chercher, rien ! pas d’agence, pas de bureau, rien je vous dis ! à part quelques pêcheurs qui commencent à arriver et qui regardent un peu « trop beaucoup » vers moi avec un air salace. Mais ce sont sûrement mes brochettes qui leur font envie, oui c’est sûr, ce sont mes belles brochettes qui les attirent, et pas mon petit T.shirt rose hein ?

Je suis un peu perdue là, et dans une colère noire. Je vais m’asseoir sur un gros rocher pour réfléchir à la situation. Je dois sauvegarder mes brochettes des yeux lubriques qui deviennent de plus en plus nombreux…. ce sont MES brochette et puis j’ai besoin d’enguirlander in petto les garçons l tous les 3 ! je ne leur épargne rien ! c’est monumental ! dantesque ! je suis tellement furieuse que je ne regarde même plus autour de moi. Erreur ! je suis trop isolée dans ces gros rochers. Il y a de plus en plus d’hommes qui se rapprochent. On pourrait attenter à la dignité de mes brochettes ! Vaut mieux que j’aille au milieu du quai en priant la déesse de la « fille paumée sur un quai » (en Grèce il y a beaucoup de déesses…. j’ai une petite chance ! ) pour que le bateau revienne avant la nuit. En attendant je continue à menacer les garçons des pires tortures, parce que me laisser là avec mes brochettes, ça ne se fait pas ! nonmého !

Je n’oublierai jamais la tête des 3 garçons tout penauds en descendant du bateau quand ils sont revenus 4 heures plus tard, osant à peine me regarder (si ! si !) m’expliquant que l’embarquement s’était fait très vite, sans normes de sécurité (c’était vrai ! je l’ai vu quand à mon tour j’ai pris le bateau AVEC les garçons) ils pensaient que ça prendrait beaucoup plus de temps, vu le nombre de véhicules, et embarquant la voiture et la moto en dernier j’aurais le temps de revenir. Malgré les explications des garçons, les marins n’ont pas voulu attendre qu’ils viennent vite me chercher…. le bateau devait partir. Il est parti. Sans moi ! Les garçons n’en menaient pas large ! Heureusement qu’il s’agissait du trajet court !

Je n’oublierai jamais que ces 4 heures d’attente furent plus que salutaires pour que je calme ma colère, sinon je les aurais transformés eux mêmes en brochettes !

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