Je me souviens

phone juillet 2013 305Dans le clair obscur du jour qui s’enfuit je me souviens. C’était il y a longtemps je crois. La vie m’a fait envie. C’était un moment si intense. J’ai retenu mon souffle.
Le soleil a forcé la carapace, quelque chose a libéré l’insidieuse souffrance. Le printemps me rendait enfin douce et j’aimais que cela se voit.
Mon âme s’épanouit, je ne peux rien y faire. Je fais celle qui ne voit pas, mon âme s’envole. Je suis la reine solitaire qui choisit toutes les choses qui la chavirent. Guerrière pacifique qui aime se perdre en terre inconnue, je ne crains ni le feu ni le fer, je ne suis pas si faible qu’on le pensait.
Quelquefois je tombe sur mon chemin c’est vrai, mais je me relève, larmes bien cachées, ce n’est pas bien grave tout ça. Longtemps encore j’étreindrais la lumière, j’en profiterais chaque seconde. J’ai délaissé l’ombre.

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Rentre chez toi !

Rentre chez toi ! Tu n’as rien à faire chez moi ! Je te le dis gentiment, mais tu n’es pas le bienvenu, il vaut mieux que tu t’en ailles…

J’ai commencé par lui dire calmement hein ! Un genre de médiation voyez vous. Tu t’en vas vite et moi je ne dirais rien, je te laisserais tranquille, c’est un bon deal il me semble ? Mais il ne veut rien entendre et moi je veux qu’il parte, là ! Maintenant ! Tussuite ! Puisqu’il n’en fait rien, je commence à lever un peu la voix, histoire de lui montrer que je ne plaisante pas, c’est peine perdue !

J’essaie de le faire partir, mais ça l’énerve. Le bougre a même appelé des copains à la rescousse et voilà qu’ils sont trois maintenant ! Ils se font menaçants et je n’en mène pas large. Mes encouragements pour qu’ils partent ne fonctionnent pas. C’est un peu comme s’ils ne comprennent pas ce que je dis. Je leur demande d’où ils viennent car ils sont un peu trop grands et un peu trop gras pour être provençaux. A priori, ils ne portent pas de petit kimono rouge, mais leurs yeux sont en amandes, je crois bien qu’ils sont de là bas, enfin je le suppose.Je tente un timide 你们好 nǐmen hǎo  qui semble les agacer prodigieusement. J’ai le trouillomètre à zéro, mais courageuse je suis et avant de fuir je veux quand même gagner la bataille à défaut de gagner la guerre. Tout d’abord je me sers d’une arme conventionnelle. En vain ! j’ai beau viser c’est mission impossible.

Bonjour LadyElle, cette mission si vous l’acceptez sera d’éliminer à grands coups de tatane les individus dangereux. Si vous même ou l’un de vos agents étiez capturés ou tués le département d’état nierait avoir eu connaissance de vos agissements, ce document s’auto détuira dans 5 secondes, Bonne chance LadyElle….

Je vais donc devoir sortir mon arme de destruction massive.Je n’aime pas l’utiliser mais elle est là en cas de grande urgence. Cette fois il faut que je le fasse, sinon ils vont appeler d’autres copains et ça va devenir dangereux. J’ai une mission à accomplir, on compte sur moi.
Je m’aplatis un peu, histoire de me faire « petite » et je traverse la pièce à toute vitesse pour me précipiter sur la cachette d’où je sors triomphalement l’objet qui va me sauver et très vite, avant qu’ils aient le temps de se jeter sur moi je vise avec témérité ! (voui j’ai le permis 007 aussi ! ) Je les vois reculer, très en colère et s’agiter très fort ! Là je commence à avoir vraiment peur, mais je ne le montre pas, ma réputation est en jeu ! Je dégaine encore une fois tout en effectuant une spectaculaire stratégie de repli. Ouais bon, ce n’est pas glorieux, mais je voudrais bien vous voir à ma place… !

Je m’enferme vite dans une autre pièce et j’attends un peu avant de retourner voir s’ils sont partis. Que nenni ! ils sont même de plus en plus en énervés, ils font tellement de bruit que j’ai l’impression qu’ils sont une dizaine. Quoi ? non seulement ils s’immiscent chez moi sans être invités, mais en plus ils me font un caca nerveux ? Ils sont tellement bruyants que je ne m’entends plus penser. Mince ! zut ! Crotte ! Ils m’ont aperçue et Je les vois de nouveau venir vers moi, j’ai la pétoche alors je dégaine encore une fois avant de vite fermer la porte.

Quelques minutes plus tard, j’entrouvre prudemment et j’écoute. C’est le silence ! Ah ? sont-ils partis ? Je vérifie, avec précaution quand même, s’ils ne se sont pas cachés. Je les vois au sol, ils ont été terrassés ! Je me dépêche de fermer toutes les portes et fenêtres car j’imagine que leurs collègues vont arriver.

Très vite, j’ai appelé Régis, le policier municipal en chef. Je lui ai raconté ma mésaventure. Il peut passer ? oui il peut. En effet il est venu aussitôt pour établir un constat. Il a même pris des photos des corps pour authentification des Vespa Velutina par le légiste et me recommande de garder la maison bien fermée, puis il s’en va en me promettant protection, il va faire le nécessaire.

Quelques minutes plus tard, depuis ma fenêtre j’en vois encore un qui vient me narguer. Rentre chez toi lui dis-je, rentre vite chez toi si tu veux être tranquille. Je lui fais les gros yeux mais il s’en fiche. En fait c’est lui qui me fait peur en me fixant d’un oeil impitoyable et ses copains ne tardent pas à venir en renfort. Décidément ils sont têtus !

Rentre chez toi gros frelon ! Ce n’est pas ta place ici, Je te préviens, il est inutile de chercher où fabriquer un autre gros ballon de basket dans ma maison ! Celui que tu as construit dans le chêne à dix mètres de ma terrasse est déjà assez impressionnant comme ça ! Allez zou ! Ne revient plus. De toute façon tu n’es pas plus gros que mon pouce, ce qui veut quand même dire que tu fais partie des « armoires à glace » chez les frelons,  mais ne le prend surtout pas comme un compliment, crois moi !
Je préférerais vraiment te laisser vivre tranquillement ta vie de frelon, mais puisque tu ne veux pas comprendre quand je te dis que tu dois rentrer chez toi….frelons