Une trace indélébile

livreVous souvenez vous de ce cadeau de Noël qui a laissé une jolie trace indélébile dans votre passé ? Vous savez, ce cadeau pas forcément exceptionnel, inattendu ou pas, mais qui vous a touché en plein coeur ?
Si vous voulez vous prêter à ce petit jeu avec moi, on oublie volontairement les cadeaux teints de chagrin, on s’amuse, on laisse vagabonder notre passé, on saisit au vol le souvenir prégnant du fameux cadeau et on partage, juste pour le plaisir.

Je commence, je vais vous dévoiler celui que je n’oublierai jamais :

J’ai 10 ou 11 ans, un ami de la famille m’offre un paquet. Je ne m’y attendais pas et je ne réalise pas vraiment que c’est un cadeau. J’ouvre et un gros flash de joie et de gratitude m’envahit.
Un livre ! Oui un vrai livre. Enfin ! Un à moi toute seule, qui n’a jamais été lu par une autre avant moi, qui n’a pas été tripoté par des mains étrangères aux miennes.
Je le cache, mais au fond de moi j’exulte, j’irradie, je m’envole encore et encore au fur et à mesure que je découvre, et relirais des dizaines de fois l’histoire de cette petite fille qui prenait un ascenseur qui ne s’arrêtait plus de monter, monter, monter, si haut, si loin..

Photo : Philippe Castelneau

Rouge

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Le magnifique rouge d’automne des feuillages qui s’enflamment, mêlant l’or en fusion, brûlant les collines sous le soleil des matins frais.
Ce rouge profond qui se fait passion, velours sensuel et pétales de roses.
Les infinies nuances du rouge à l’horizon du soleil couchant quand s’enfuient les lueurs d’été et le rouge feu aux tréfonds des entrailles de la terre.
Rouge, couleur de l’amour et de la douleur.

Aujourd’hui les âmes sont rouges des larmes de sang versées dans la nuit parisienne.

Rouge pourtant comme le coeur de tous les hommes de ta planète, comme le tien… Ne l’oublie jamais.

La petite chapelle

IMG_0393J’avais rêvé de parcourir le chemin bordé de cerisiers, qui me mènerait de nouveau à la petite chapelle abandonnée.
Je nourrissais depuis si longtemps cette envie de retrouver les murs chauffés de soleil de ma vieille chapelle cachée dans son nid de verdure, m’adosser à sa porte et peut être y déposer une prière ou quelques souvenirs, prendre un peu de temps et sentir comme autrefois mon âme et mon coeur chavirés me transporter vers l’inconnu, vers des rivages au delà…

Premier choc, le sentier vert et frais que j’aimais fouler les mois de juin légers est maintenant carrossable et bitumé.
Deuxième choc, les cerisiers gourmands sont définitivement remplacés par du béton.
Troisième choc tsunami, séisme, disparue ma jolie chapelle abandonnée, si petite et si fragile.

Gros coup de fatigue ! Vite, m’asseoir sur ce banc placé sur l’aire de retournement qui la remplace. M’asseoir sans même ressentir le besoin de prier, essayant seulement de réaliser que je venais de perdre la partie à jamais, il n’y aura pas de play again.
C’est fou comme parfois ce qui devient définitif m’angoisse. J’ai remarqué que bien souvent cela m’attriste lorsque je n’ai plus de choix. Et à ce moment là devant ma chapelle disparue, l’espace d’un instant un grand vide m’a pris par la main.

Il me reste au fond du coeur une lourde mélancolie et cette colère que je regarde passer.
Je quitte ce banc tout neuf, je reprends ma route.
Pas la peine de pleurer un petit rêve de plus. Je sais que sur cette terre il doit exister un autre petit coin pour moi…

La femme de Zorro

FullSizeRenderDernièrement je me suis investie d’une mission primordiale.Je suis devenue mère de famille très nombreuse en deux secondes (Très rapide je suis n’est ce pas ?).

Je vous raconte tout parce que je sais que vous et moi, nous nous comprenons bien. Deux adorables mésanges plongeaient en aller-retours incessants dans mon mûrier pour se fabriquer un petit nid, roucouler, faire des galipettes sous la couette et des bébés.

Je m’en réjouissais jusqu’à ce que mes chats d’amour un peu trop concentrés sur MES oiseaux fassent bondir le coeur de la femme de Zorro qui sommeille en moi (oui, oui, n’ayons pas peur des mots justes). Vite, je cours, que dis-je ? Je volette ! Je saute sur mon blanc destrier escabeau pour les sauver des griffes fatales de mes félins.
Allez hop ! Aidage par mon Zorro à moi amoureux et  grimpage dans le mûrier, accrochage d’un grillage protecteur, et observage camouflée derrière mon masque store. Yessss ! Ca marche. Me voilà mère de famille nombreuse.

Ma vie peut être parfois follement trépidante ! Progéniture abondante et création d’un chef d’oeuvre protecteur, tout ça dans la même demi heure ? Si ! Si ! Nouveau petit soleil dans mon époustroublant paysage.

Pour nourrir sans se lasser mes leurs rejetons piaillant chaque jour plus fort,  mes jolies mésanges s’élancent dans le mûrier le bec fièrement orné d’une belle chenille dodue ou d’un vers potelé, accueillies par une nichée de plus en plus bruyante

Hier MES « petits » étaient déchainés, je me doutais que les enfants oisillons allaient bientôt s’envoler et ma crainte, vous l’avez deviné, était qu’ils tombent et fassent le régal de mes coquins de chats.
Regardez dans l’arbre, là, oui juste là, vous le voyez ? Câlinou est devant le grillage empêcheur d‘attrapage de mésanges, ne quittant pas des yeux le nid convoité.

Pensant que le grand départ était pour le lendemain je me suis promis de garder les chats dans la maison par sécurité.
Peine perdue, quand je suis retournée au nid, il était déjà vide. Papa et maman mésanges avaient mené à bien leur mission… Et la femme de Zorro moi la mienne. Yeahhhh ! Joie dans mon petit coeur !

Devant la Croix

IMG_0087Entendre pleurer mon coeur et ne plus bouger,
l’écouter souffrir et ne pas pouvoir prier
serrer les poings et respirer difficilement,
la gorge nouée, les yeux fermés
Reconnaitre la douleur et tomber lentement
Pour m’agenouiller devant la croix

Laisser couler le temps et puis enfin tout dire, crier en murmurant
Entendre mon coeur qui s’apaise
Savourer mes solitudes et partager mes silences
Sentir quelque chose de tendre en moi.
Me prendre un coup de printemps dans la gueule
Sourire, ouvrir les yeux et me relever
Debout devant la croix