En attente

P1020471Assise sur le sable, baignée de silence, je suis en attente. Tout est calme et doux. J’attends depuis longtemps.
Je vois une silhouette très loin là bas, je sais que c’est lui. Il marche, il n’arrête pas de marcher.
Je ne veux pas bouger, j’attends. Il marche à grandes enjambées lentes et terriblement élégantes, sa longue robe claire flotte légèrement autour de lui. Il avance, il s’approche, sa tête est légèrement penchée, ses longs cheveux noirs cachent un peu son visage. Enfin il est là face à moi, il me regarde sans rien dire, ses yeux verts sont toujours aussi mystérieux. Je devine qu’il sait à quel point j’ai envie de lui poser la question, mais il sait que je ne dirais rien. Je ne veux pas parler, pas bouger, ce moment doit rester intact.
Assise sur le sable je reste en attente.
Il pose sa main sur mon épaule, il me fixe intensément et j’aime ça, puis il met un doigt devant ses lèvres. Chuuut !!!! Il se redresse, reste debout à mes côtés. L’homme qui marche est immobile, il s’assoit sur la sable tout près de moi et nous regardons longtemps l’horizon, le temps passe tranquillement jusqu’au soir. L’heure bleue dans le désert est un festival de couleurs je me dis.
Je me demande aussi s’il va encore me montrer le petit livre…
Je ne bouge pas mais je perçois que le vent léger fait doucement bouger ses cheveux longs, je me dis qu’il est beau. Il se penche si près de moi que son visage frôle ma joue quand il me murmure des mots que je n’entends pas puis le poète qui marche se lève et reprend sa route à l’infini.

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Que le soleil soit

_DSC4542Et le soleil fut !

Mais pas tout seul, avec 28°, des chats cherchant l’ombre fraiche, des fleurs explosant de mille couleurs et des bourdons repérant leurs sucres parfumés. Et aussi un rossignol qui chante sans se lasser pour trouver sa fiancée, des papillons dans mon jardinet qui sent bon la vie.

Viens mon chéri, viens sur ma pierre t’asseoir près de moi, je partage mon soleil et mon café, restons silencieux et laissons nos coeurs se réchauffer.

J’ai imaginé…

_DSC4562Lorsque j’ai vu ce palmier perdu dans ces arbres j’ai instantanément pensé au dessin qu’un feu d’artifice laisse dans le ciel.
Oui, c’est ça, je me suis inventé avec plaisir un feu d’artifice végétal, Oh les belles vertes !

Puis je suis passée avec mon amoureux sous leur ombre fraîche et derrière se cachait  un Magnolia . Nous avons été accueillis par le parfum de ses belles et énormes fleurs blanches et j’ai imaginé le parfum du bonheur.

Chanson d’automne

Chanson d’automne
Verlaine

Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon coeur
D’une langueur
Monotone…

Les souvenirs d’automne, c’est la rentrée scolaire, l’odeur du papier des cahiers neufs et des livres déjà abimés par les plus grands, c’est l’encre bleue qui tâche les doigts, la toute nouvelle gomme parfumée au Malabar de ma copine de banc, le petit pot de colle blanche avec la si mignonne petite spatule de mon voisin de devant, le crayon à papier tout neuf, le bruit de la craie sur le tableau noir, pas vert ! vraiment noir !
C’est aussi le vieux cartable de l’année passée, qui fera bien encore un an de plus, les nouveaux souliers parce que j’ai grandi… Je ne savais pas que j’aurais du apprécier cette période, quand on a hâte de devenir grand, parce que, e, c’est fichu ! même si je le veux très fort, tout ce que je peux faire, c’est juste grandir… en largeur ! et zutalors !
On se levait quand le maître entrait dans la classe, on attendait qu’il nous autorise à nous asseoir et je pouvais enfin ouvrir le beau cahier neuf, en me promettant de le garder tout beau toute l’année, et comme toutes les bonnes résolutions, je laisse tomber le projet dès la première tâche d’encre !

A la récré les filles jouaient à l’élastique ou à la corde à sauter et les garçons au ballon ou à « chat perché »… Quand des élèves se chamaillaient, ils se mettaient une bonne beigne, le maître les punissait cent fois « je ne dois pas me battre dans la cours de récréation » et à la sortie je voyais les mamans venir chercher leur progéniture avec un goûter à la main….

C’est l’image idyllique c’est vrai, elle me plait, elle est désuète, mais elle est tendre. Cette image d’Epinal me fait sourire à l’intérieur. J’aime l’automne qui s’approche lentement. J’aime cette saison presque autant que le printemps.
Je pense qu’on va bientôt commencer à cocoonner, novembre est là, il faudra sortir la couette et les chats vont adorer se pelotonner dedans après notre travail d’équipe.

Les vignes brillent au soleil après la pluie, les platanes habilleront les rues d’un épais tapis doré craquant sous les pas, le vent fera des folies et les feuilles s’envoleront dans dans tous les sens… Les cheminées commenceront à fumer et les amoureux continueront à s’embrasser, mais devant un feu de bois, bien au chaud, blottis sur leur canapé.

Mes souvenirs d’automne ce sont aussi les écharpes en laine et les gants que l’on sort lorsque souffle la tramontane, c’est le bout du nez rouge, c’est la nuit qui tombe vite, et c’est le soupir de soulagement de mon amoureux quand il rentre fatigué et qu’il me sourit quand je l’accueille.

Bon pour l’instant, il fait encore doux alors va falloir attendre un peu pour sortir la couette !