Essentiel

P1020595Apprendre à lire fut pour moi une grande joie, une compréhension supplémentaire et primordiale de ce monde qui m’entourait et que je voulais connaître, comprendre et dont je voulais fortement faire partie. Une indépendance essentielle.

Je suppose que je devais avoir autour de 5 ans. Nous étions en voiture, arrêtés à un feu rouge. J’ai vu quelque chose écrit sur une devanture et j’ai essayé de décrypter mon premier mot toute seule. Lorsque j’ai découvert que les syllabes devenaient un mot qui désignait ce que je voyais, je me souviens avoir mis au moins 10 secondes pour comprendre que quelque chose de concret venait d’arriver et j’ai eu une grande révélation. Si je savais lire celui là, alors je pouvais lire tous les autres. J’ai ressenti, je m’en souviens encore très nettement, une joie absolument phénoménale, car soudain le monde m’appartenait. Désormais je pouvais savoir….

Ce premier mot, lu comme une grande, en dehors de l’école, fut « restaurant ». Etait ce un message ?
Il faut croire qu’il était prémonitoire ou devait avoir une influence car, vous commencez à me connaître un peu, la grande gourmande que je suis continue depuis à se goinfrer de lectures… Et de gourmandises. Quoi ? Qui a parlé de macarons ? Oui, Oh oui ! J’avoue, encore et toujours, mais avec parcimonie, les délicieux macarons sans gluten de chez Cabiron (qui ne m’a toujours pas adoptée, mais je vous tiendrais informés dès que ce sera fait, c’est promis).

Et si ce premier mot avait été astronaute ?… Je vous écrirais depuis Procyon ou Altaïr !

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La Californie

P1020459J’imaginais la Californie comme une carte postale, le soleil, les plages, les belles blondes en maillot et rollers, les beaux gosses bodybuildés tentant de nous faire croire que c’est naturel…

Pour quitter San Francisco nous avons choisi de longer la côte californienne et avons découvert une très jolie route sur ce bord de mer escarpé. Les virages à n’en plus finir, à la lisière de forêts magnifiques nous laissent découvrir un décor que les studios d’Hollywood ne peuvent imiter. Ces forêts somptueuses sont heureusement déclarées sites protégés ainsi que la côte recouverte de tapis de fleurs rousses à flanc de coteaux menant à des criques et des calanques sublimes. Un ravissement.

La Californie, c’est aussi des loutres batifolant dans les algues, regardez bien, tout en bas, oui, elles sont juste là….    Un léger vent doux et tiède, nous offre les conversations lointaines des otaries et des éléphants de mer, quelques virages plus loin et de nouveau le calme, le silence, les points de vue inattendus, la quête comblée de mon amoureux sur les traces de Kerouac et de  Miller. Les chaudes couleurs du jour font la révérence devant la tendre luminosité qui va nous mener vers une soirée bleutée.

La Californie c’est aussi l’impossibilité de capturer un coucher de soleil sur l’océan, beau à couper le souffle et la surprise d’arriver juste à temps pour voir les elephant seal se faire des mamours pour se souhaiter bonne nuit et s’affaler de tout leur poids bien confortablement sur le sable, les plus jeunes serrés en petits groupes, bien en sécurité. La satisfaction d’apprendre que l’humain fait aussi de belles choses en les sauvant d’une disparition certaine.
C’est le plaisir d’être ensemble pour admirer, sentir, aimer. C’est la gentillesse et la courtoisie autour de nous. Le temps qui ralentit pour nous laisser du temps…