Rouge

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Le magnifique rouge d’automne des feuillages qui s’enflamment, mêlant l’or en fusion, brûlant les collines sous le soleil des matins frais.
Ce rouge profond qui se fait passion, velours sensuel et pétales de roses.
Les infinies nuances du rouge à l’horizon du soleil couchant quand s’enfuient les lueurs d’été et le rouge feu aux tréfonds des entrailles de la terre.
Rouge, couleur de l’amour et de la douleur.

Aujourd’hui les âmes sont rouges des larmes de sang versées dans la nuit parisienne.

Rouge pourtant comme le coeur de tous les hommes de ta planète, comme le tien… Ne l’oublie jamais.

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Et après ?

Printemps 2015La petite fille a levé vers moi son joli petit minois et m’a demandé en souriant « Ca y est ? Il n’est plus mort ton papa ? Après tu viens jouer ! »

Après ? C’est la vie qui continue, le coeur en amour et en paix …

Et songe qu’au printemps, l’hiver sert de passage
Qu’un profond calme suit l’orage
Et que la nuit fait place au jour
P. Corneille

Quand je prendrai sa main dans la mienne…

mars 2015 161La nuit tombe. Entendre la voix brisée de ma mère au téléphone et lui crier que j’arrive. Mettre tant bien que mal une trousse de toilette dans un sac. Ecouter la voix douce de celui qui est à mes côtés refuser de me laisser conduire, me protéger et m’emmener.
Le laisser au volant et pour moi avaler des centaines de kilomètres dans la nuit. Vite, très vite, pour que je puisse arriver à temps.

Le coeur serré, prier, supplier et me répéter sans cesse en silence « Quand je prendrai sa main dans la mienne, il ne faut pas qu’elle soit froide, quand je prendrai sa main dans la mienne il ne faut pas qu’elle soit froide, quand je prendrai sa main dans la mienne…  »
Voir une étoile filante, espérer être exaucée et en même temps m’imaginer un signe d’au revoir.

Trouver l’hôpital en pleine nuit mais personne pour me renseigner. Parmi toutes les pièces me diriger instinctivement vers la bonne salle de réanimation. Comprendre que c’est trop tard en voyant les visages graves des nombreux soignants, immobiles autour d’un lit que je devine derrière eux et leur crier « je suis sa fille » sans vraiment savoir si c’est lui..  Soudain les voir s’activer. Puis écouter le médecin « Bien qu’il soit dans un coma prononcé, peut être vous a t-il a entendue, il s’est remis à respirer » et nous dire qu’il est désolé, il n’y a aucun espoir. Pleurer et serrer les dents.
Demander à rester près de lui. Prendre sa main chaude dans la mienne et lui parler, tout lui dire…

Quelques heures plus tard l’avion de petite soeur adorée arrivé, la voir entrer dans la chambre, lui dire au revoir sans savoir s’il entend.
La laisser raccompagner maman si fragile et dévastée dans sa maison vide. Ne pas douter un instant, avoir la certitude que sa place est avec elle et la mienne auprès de lui. Tout est bien ainsi.

Passer une nouvelle nuit à ses côtés, et au petit matin entendre dans le silence son souffle s’éteindre lentement et sentir sa main dans la mienne devenir froide, horriblement froide.

Attendre frère adoré arrivant du bout du monde. Se réunir et s’unir. Entourer notre mère pour l’embrasser, la consoler et la soutenir. Papa, tu es parti sans dire adieu. Maman te cherche.

Le jour se lève. S’occuper des vivants…