Le dernier câlin

P1000048Lundi 13 janvier 2014

… Te prendre dans mes bras encore une fois, m’installer confortablement et faire un long, très long et doux câlin. Sentir ton corps doux et tendre se blottir contre moi, ton petit museau dans mon cou, tes ronrons à mon oreille… Ne plus bouger et savourer ce moment précieux. Essayer de calmer mon coeur, mes mains qui tremblent.

Savoir que ce sera la dernière fois et pleurer, ne pas l’accepter…
Te dire les mots tendres, les mots d’amour. Te dire merci pour ces 15 années de vie commune, des années de bonheur.
Te demander pardon pour ce que je vais demander au vétérinaire et me dire que ce n’est pas possible, que tu vas aller mieux.
Plonger mon regard dans tes yeux d’or rivés aux miens, savoir que tu m’écoutes et te murmurer encore et encore tous les mots qui nous lient, être hors du temps comme pour l’arrêter.
Sursauter quand soudain ma petite voix me dit que c’est le moment de prendre la voiture pour t’emmener.
Trouver alors la force de mettre le contact et démarrer. Continuer à te parler d’amour, tout le temps, et garder ma main sur toi, pour te rassurer, pour me consoler.

Regarder le vétérinaire avec l’espoir fou d’entendre des mots qu »elle ne prononcera pas et le coeur dévasté la laisser faire son travail.
Te garder au creux de moi, ne pas cesser de te parler d’amour et de lumière, te demander pardon encore, promettre de t’accompagner jusqu’au bout.

Sentir soudain ton petit corps devenir lourd dans mes bras, comprendre que tu n’es plus là, ne plus arriver à prononcer un mot, t’embrasser encore et encore comme pour te ramener à la vie par la force de l’amour, et laisser mes larmes sur ton pelage si noir, si brillant, si doux.
Essayer de prier, me dire qu’il faudra arriver un jour à entrer en acceptation.

Je t’aime ma Clio, ma tendre,ma précieuse, mon ange de douceur, ma princesse disparue…

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La Californie

P1020459J’imaginais la Californie comme une carte postale, le soleil, les plages, les belles blondes en maillot et rollers, les beaux gosses bodybuildés tentant de nous faire croire que c’est naturel…

Pour quitter San Francisco nous avons choisi de longer la côte californienne et avons découvert une très jolie route sur ce bord de mer escarpé. Les virages à n’en plus finir, à la lisière de forêts magnifiques nous laissent découvrir un décor que les studios d’Hollywood ne peuvent imiter. Ces forêts somptueuses sont heureusement déclarées sites protégés ainsi que la côte recouverte de tapis de fleurs rousses à flanc de coteaux menant à des criques et des calanques sublimes. Un ravissement.

La Californie, c’est aussi des loutres batifolant dans les algues, regardez bien, tout en bas, oui, elles sont juste là….    Un léger vent doux et tiède, nous offre les conversations lointaines des otaries et des éléphants de mer, quelques virages plus loin et de nouveau le calme, le silence, les points de vue inattendus, la quête comblée de mon amoureux sur les traces de Kerouac et de  Miller. Les chaudes couleurs du jour font la révérence devant la tendre luminosité qui va nous mener vers une soirée bleutée.

La Californie c’est aussi l’impossibilité de capturer un coucher de soleil sur l’océan, beau à couper le souffle et la surprise d’arriver juste à temps pour voir les elephant seal se faire des mamours pour se souhaiter bonne nuit et s’affaler de tout leur poids bien confortablement sur le sable, les plus jeunes serrés en petits groupes, bien en sécurité. La satisfaction d’apprendre que l’humain fait aussi de belles choses en les sauvant d’une disparition certaine.
C’est le plaisir d’être ensemble pour admirer, sentir, aimer. C’est la gentillesse et la courtoisie autour de nous. Le temps qui ralentit pour nous laisser du temps…

Déclaration d’amour…

Ils sont mignons, très doux et plutôt gentils. Ils ne m’ont jamais fait de grosse misère. Ils sont petits et joliment cambrés. Certains m’ont même dit qu’ils étaient attendrissants, j’en suis restée perplexe, mais contente ! Cela me surprend toujours quand on les complimente, mais après tout, probablement qu’ils le valent bien. C’est vrai qu’ils sont prolongés par de ravissants petits boudins dodus d’un rose tendre émouvant.
Ils sont précieux, ils m’emmènent où je veux, comme je veux, quand je veux. C’est cool !

Lorsque je les habille, je prends grand soin de leur choisir quelque chose de joli et confortable. Il faut que ça me plaise et qu’ils se sentent bien également. Ces derniers temps, je les ai négligés, je les ai un peu oubliés, alors ils se sont rappelés à mon bon souvenir.
Ils s’expriment comme ils peuvent, j’avais fait la sourde oreille et ils se sont un peu fâchés. J’ai laissé passer du temps croyant que tout reviendrait à la normale, que nenni ! Ils veulent probablement que je comprenne quelque chose d’important car ils se sont mis à me faire grimacer.. J’ai commencé par leur parler, leur dire que je les aime. Mais je le fais en secret, pas devant tout le monde quand même ! C’est entre eux et moi. Mais ça ne suffit pas, ils ont quand même bobo !
OK ! OK ! J’ai compris ! Je leur ai dit  » Par amour, je vais vous offrir un beau gars, sympa et doué de ses mains ! Si ! Si ! Faut pas refuser, j’y tiens ! ». Ils n’ont pas bronché ! ils attendent de voir s’ils vont bien s’entendre avec le beau garçon en question.

Donc tous les 3 jours je les emmène voir Guillaume. Il est cool Guillaume, je l’aime bien. Je les lui ai confiés et il prend soin d’eux en douceur, il les déstresse, leur donne de la force, de la vigueur, tout en fluidité, et ils aiment bien puisqu’ils commencent à aller mieux. Guillaume, c’est un peu leur ange gardien. Il ne les touche presque pas, et avant de s’occuper d’eux, il parfume toujours la pièce où il nous installe avec des huiles essentielles sélectionnées soigneusement. Il choisi aussi la couleur avec laquelle il va les papouiller et c’est très agréable. Puis il les aide à évacuer les tensions qui leur font bobo. Il pose ses mains à certains endroits, en douceur, et il fait circuler l’énergie et l’amour. Ca leur plait beaucoup, à moi aussi d’ailleurs parce que je profite de toutes ces bonnes vibrations.

Ils se sentent de mieux en mieux et ils m’emmènent par ci, par là mais pas trop loin, pour l’instant ils sont encore fragiles. Je dois aussi vous dire que ce sont des coquins car de temps en temps ils n’en font qu’à leur tête. Ils sont parfois attirés par un fessier rebondi qui mérite sérieusement qu’on s’intéresse à lui ! Je dois alors me montrer autoritaire et leur interdire le popotin qu’ils ont choisi pour cible… Ils me font rire quand ils ne me font pas grimacer ! Ils n’ont pas froid aux yeux ! Bien qu’ils soient petits ils n’ont pas peur d’un gros derrière avec lequel ils pourraient se défouler ! Ils exagèrent quand même !

Quand ils ont chaud, ils transpirent sans gène ! Je leur ai dit d’être plus discrets, mais ils s’en moquent et quand j’insiste, ils vont jusqu’à se parfumer avec « Souffle de Munster » de chez Cacarel. Eh oui ! je sais, ils ne font pas dans la délicatesse… *soupirsss qui viennent de loin…*

En fait, je ne savais que je les aimais autant. Bientôt ils seront de nouveau libres, dépouillés des souffrances qu’ils cherchent à exprimer. Bientôt ils feront de nouveau partie de mes meilleurs moyens d’avancer. Ils vont pouvoir marcher, danser, courir, visiter, découvrir, accueillir et sauter de joie quand ils n’auront plus bobo… mes gentils petits petons roses.

Pied

Laisse moi le temps…

037Laisse moi le temps, le temps de vivre et d’aimer,
Laisse moi le temps , le temps des cris et des pleurs.
Le temps de me libérer et de lire en moi,
De croire que le passé est oublié parfois…
Je sais, que je suis un passager un peu las,
Alors il me faut prendre du temps ici bas.
La vie me fait la belle surprise de l’amour
Il faut que je lui offre un cadeau à mon tour.
Offrir bien plus que l’amour et la lumière
Et des Hommes pouvoir enfin être fière.
Donne moi le temps mon bien aimé, mon ami,
Pour sur cette terre apprendre de la vie…

Un peu de douceur

ob_094a2f3ccd3c8e2136e4268d69f5ab81_img00112Papys japonais en pique-nique sous les cerisiers à l’apogée de leur floraison,le jour de la fête de sakura. Ils discutaient, riaient, se congratulaient et partageaient leurs repas. Ils étaient concentrés sur le moment présent et le vivaient pleinement.
Près d’eux, sur un joli drap brodé, un groupe de jeunes filles faisait de même, mais elles n’ont pas voulu que je les photographie… dommage.

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L’heure bleue

Melting Potes 07.2010.2Les hirondelles m’appellent. J’aime les regarder fuser de toutes parts, prévenant ceux qui attendent. Le moment est enfin arrivé. C’est l’heure bleue. L’heure où mon coeur se déshabille.

Le printemps s’est installé, je savoure comme une gourmandise cet espace de ma vie. Je me sens comme le ciel au crépuscule, le bleu pâle commence à foncer légèrement, tendre et mélancolique.

Je n’ai pas les mots pour expliquer cette impression. Tout ce qui est en devenir est déjà réalisé. Une boucle du temps me joue un joli tour. C’est étrange et délicieusement troublant.

J’aspire alors à me retrouver au calme, faire la paix avec la vie. Le tumulte de la journée s’apaise. La terre et les fleurs exaltent leurs parfums, les oiseaux chantent encore avant que le rossignol prenne le relais pour la nuit. C’est particulièrement doux.

Rester sans parler. Ecouter, sentir, savourer. Prendre le temps de regarder le ciel changer, accueillir cette nostalgie précieuse à mon coeur, la laisser m’envahir et prendre toute sa place.
Sur la terrasse, m’asseoir sur ma pierre. Surtout ne pas bouger. Rester immobile et en éveil total, c’est important. Regarder mes chats s’étaler autour de moi. Respirer lentement. Lever de nouveau les yeux vers l’univers. Avoir cette indéfinissable sensation là et si loin. Douceur d’être ? ou de n’être pas ?
Me perdre dans le temps, dans le bleu du ciel, être éthérée, en suspens…
Sentir cette mélancolie me faire du bien, croire que tous les possibles sont permis. Sentir l’heure bleue si prégnante et devenir à mon tour insaisissable, libre et m’envoler avec les hirondelles…..

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