Avec la pluie

DSC05181Mon Yoda d’amour, mon pépèrounet, mon petit coeur,  tu es né dans ma chambre il y a 19 ans, arrivé comme un petit soleil dans ma vie, par une magnifique journée de juin.

Tu étais le Clooney des chats, tous te trouvaient terriblement séduisant et glamour, une classe folle. Tu étais l’amour et la tendresse. Comment te dire merci.

Il fallait que je prenne la fatale décision, encore une fois, et laisser le vétérinaire te délivrer.
Tu me manques. Comment te demander pardon.
Je ne m’habituerai jamais.

C’était mon petit chat-chien, il venait souvent me chercher me dit mon amoureux le coeur serré.

Mon petit soleil est parti avec la pluie

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En silence

P1020529Les vrais amis peuvent voir ces trois choses :

Ta peine derrière ton sourire…
L’amour que tu as malgré ta colère…
Et… la raison de ton silence…
source internet

Et toi, as tu vu… ?

 

Comment lui dire…

IMG_0939…Que la vie continue quand elle me dit qu’elle a juste envie de disparaître… Lui dire qu’elle a le droit de sourire sans que nous imaginions que cela enlève quelque poids à son immense chagrin.
Comment lui dire qu’elle n’est pas seule car enfants et petits enfants ne demandent qu’à l’entourer alors que pour elle l’avenir ne signifie qu’une intolérable solitude.
Comment lui dire que nous l’aimons quand elle ne veut plus rien entendre qui puisse ressembler de près ou de loin à du bonheur puisqu’elle se se sent tellement vulnérable, terriblement abandonnée par celui qu’elle a tant aimé, celui qui la protégeait et savait la faire rire.
Comment lui dire « Bonne fête maman »….
Elle n’a pas pu et pas voulu m’entendre… Elle sait que cette année je ne pourrais pas dire « Bonne fête papa« .

Quand je prendrai sa main dans la mienne…

mars 2015 161La nuit tombe. Entendre la voix brisée de ma mère au téléphone et lui crier que j’arrive. Mettre tant bien que mal une trousse de toilette dans un sac. Ecouter la voix douce de celui qui est à mes côtés refuser de me laisser conduire, me protéger et m’emmener.
Le laisser au volant et pour moi avaler des centaines de kilomètres dans la nuit. Vite, très vite, pour que je puisse arriver à temps.

Le coeur serré, prier, supplier et me répéter sans cesse en silence « Quand je prendrai sa main dans la mienne, il ne faut pas qu’elle soit froide, quand je prendrai sa main dans la mienne il ne faut pas qu’elle soit froide, quand je prendrai sa main dans la mienne…  »
Voir une étoile filante, espérer être exaucée et en même temps m’imaginer un signe d’au revoir.

Trouver l’hôpital en pleine nuit mais personne pour me renseigner. Parmi toutes les pièces me diriger instinctivement vers la bonne salle de réanimation. Comprendre que c’est trop tard en voyant les visages graves des nombreux soignants, immobiles autour d’un lit que je devine derrière eux et leur crier « je suis sa fille » sans vraiment savoir si c’est lui..  Soudain les voir s’activer. Puis écouter le médecin « Bien qu’il soit dans un coma prononcé, peut être vous a t-il a entendue, il s’est remis à respirer » et nous dire qu’il est désolé, il n’y a aucun espoir. Pleurer et serrer les dents.
Demander à rester près de lui. Prendre sa main chaude dans la mienne et lui parler, tout lui dire…

Quelques heures plus tard l’avion de petite soeur adorée arrivé, la voir entrer dans la chambre, lui dire au revoir sans savoir s’il entend.
La laisser raccompagner maman si fragile et dévastée dans sa maison vide. Ne pas douter un instant, avoir la certitude que sa place est avec elle et la mienne auprès de lui. Tout est bien ainsi.

Passer une nouvelle nuit à ses côtés, et au petit matin entendre dans le silence son souffle s’éteindre lentement et sentir sa main dans la mienne devenir froide, horriblement froide.

Attendre frère adoré arrivant du bout du monde. Se réunir et s’unir. Entourer notre mère pour l’embrasser, la consoler et la soutenir. Papa, tu es parti sans dire adieu. Maman te cherche.

Le jour se lève. S’occuper des vivants…

Les volets bleus

 

ob_655bb00433b8d334bb459bb996645488_volets-bleusJ’ai fermé fort les yeux, mais ça ne suffisait pas.

J’ai fermé les volets, et mon coeur aussi. La lumière ne peut plus entrer.

Tout ira bien, ne t’inquiète pas. Plus personne ne peut venir. Tu peux te coucher maintenant et dormir à l’infini.

Il fait sombre mais je n’ai pas peur. Je ne crains plus rien, je suis déjà en prison. La maison est bien close et n’accueillera plus la lumière. J’ai gardé la clef bien cachée.

Un jour, j’ai même croisé les mains et je suis tombée à genoux. Terrassée par la douleur ? pour prier ? en vain. Alors je me suis relevée et j’ai gardé les mains fermées.

Pourtant, avec les mains entravées, derrière les volets fermés, j’ai pitoyablement essayé d’entamer la danse de la liberté.

Elle est difficile celle là, je sais, je sais…

Je suis bien là, dans le noir. Je ne veux pas savoir qui n’est plus là. Je crie en silence, c’est épuisant, mais je crie longtemps. Personne n’entend. C’est bien.

Les volets sont toujours fermés et mes mains restent liées.

J’ai donné mes larmes dans les ténèbres, j’ai inondé mon lit, j’ai dévasté mon coeur et je me suis contentée d’appeler mes chats près de moi.

Ne crains rien, personne ne te forcera à sourire si ce n’est toi même.

Que la vie m’emporte ailleurs. Il fait noir là bas aussi, je sais que je peux y aller.

Dans la petite maison, les volets bleus sont toujours fermés

Personne ne verra ta détresse, reste bien cachée sous ta couette.

Un jour quelqu’un a ouvert les volets. J’ai même cru que j’allais pouvoir enfin les laisser comme ça.

Tu t’es trompée, mais ce n’est pas grave, tu restes encore debout. Dans le noir, mais debout.

J’ai juste refermé les volets de la petite maison et j’ai gardé la clef bien cachée.

J’ai mal à mon âme, j’ai mal à la vie. Mon corps s’effondre, il me trahit et je lui en veux.

Je t’ai vue, tu as prié, supplié, invoqué, jeûné, essayé de te livrer comme pour te libérer. Tu as la force pour continuer ?

Pour continuer ? j’ai laissé la petite maison fermée et je suis partie. J’ai marché longtemps. J’ai vécu quelque chose qui ressemble à la vie, en tout cas j’y ai cru, un instant. J’ai même souri, trop et j’ai parlé, beaucoup, pour pouvoir tout cacher.

J’ai essayé de faire entrer la lumière, mais j’ai oublié comment il faut faire. J’ai le coeur en panne.

Oui je sais, il est en miettes, il ne fonctionne plus et ça te fait vraiment peur.

Je reviens dans la maison aux volets clos. J’ai voulu perdre la clef pour être sûre de ne pas la retrouver.

Regarde derrière toi, n’oublie pas que les traces de pas ne sont pas les tiennes, mais celles de Celui qui t’a portée quand tu es tombée.

Les volets bleus de la petite maison sont bien fermés. J’ai jeté la clef. Je ferme fort les yeux mais ça ne suffit pas…

Vous pouvez retrouver les commentaires publiés sur mon ancien blog ici