Je me souviens

phone juillet 2013 305Dans le clair obscur du jour qui s’enfuit je me souviens. C’était il y a longtemps je crois. La vie m’a fait envie. C’était un moment si intense. J’ai retenu mon souffle.
Le soleil a forcé la carapace, quelque chose a libéré l’insidieuse souffrance. Le printemps me rendait enfin douce et j’aimais que cela se voit.
Mon âme s’épanouit, je ne peux rien y faire. Je fais celle qui ne voit pas, mon âme s’envole. Je suis la reine solitaire qui choisit toutes les choses qui la chavirent. Guerrière pacifique qui aime se perdre en terre inconnue, je ne crains ni le feu ni le fer, je ne suis pas si faible qu’on le pensait.
Quelquefois je tombe sur mon chemin c’est vrai, mais je me relève, larmes bien cachées, ce n’est pas bien grave tout ça. Longtemps encore j’étreindrais la lumière, j’en profiterais chaque seconde. J’ai délaissé l’ombre.

En attente

P1020471Assise sur le sable, baignée de silence, je suis en attente. Tout est calme et doux. J’attends depuis longtemps.
Je vois une silhouette très loin là bas, je sais que c’est lui. Il marche, il n’arrête pas de marcher.
Je ne veux pas bouger, j’attends. Il marche à grandes enjambées lentes et terriblement élégantes, sa longue robe claire flotte légèrement autour de lui. Il avance, il s’approche, sa tête est légèrement penchée, ses longs cheveux noirs cachent un peu son visage. Enfin il est là face à moi, il me regarde sans rien dire, ses yeux verts sont toujours aussi mystérieux. Je devine qu’il sait à quel point j’ai envie de lui poser la question, mais il sait que je ne dirais rien. Je ne veux pas parler, pas bouger, ce moment doit rester intact.
Assise sur le sable je reste en attente.
Il pose sa main sur mon épaule, il me fixe intensément et j’aime ça, puis il met un doigt devant ses lèvres. Chuuut !!!! Il se redresse, reste debout à mes côtés. L’homme qui marche est immobile, il s’assoit sur la sable tout près de moi et nous regardons longtemps l’horizon, le temps passe tranquillement jusqu’au soir. L’heure bleue dans le désert est un festival de couleurs je me dis.
Je me demande aussi s’il va encore me montrer le petit livre…
Je ne bouge pas mais je perçois que le vent léger fait doucement bouger ses cheveux longs, je me dis qu’il est beau. Il se penche si près de moi que son visage frôle ma joue quand il me murmure des mots que je n’entends pas puis le poète qui marche se lève et reprend sa route à l’infini.

La petite chapelle

IMG_0393J’avais rêvé de parcourir le chemin bordé de cerisiers, qui me mènerait de nouveau à la petite chapelle abandonnée.
Je nourrissais depuis si longtemps cette envie de retrouver les murs chauffés de soleil de ma vieille chapelle cachée dans son nid de verdure, m’adosser à sa porte et peut être y déposer une prière ou quelques souvenirs, prendre un peu de temps et sentir comme autrefois mon âme et mon coeur chavirés me transporter vers l’inconnu, vers des rivages au delà…

Premier choc, le sentier vert et frais que j’aimais fouler les mois de juin légers est maintenant carrossable et bitumé.
Deuxième choc, les cerisiers gourmands sont définitivement remplacés par du béton.
Troisième choc tsunami, séisme, disparue ma jolie chapelle abandonnée, si petite et si fragile.

Gros coup de fatigue ! Vite, m’asseoir sur ce banc placé sur l’aire de retournement qui la remplace. M’asseoir sans même ressentir le besoin de prier, essayant seulement de réaliser que je venais de perdre la partie à jamais, il n’y aura pas de play again.
C’est fou comme parfois ce qui devient définitif m’angoisse. J’ai remarqué que bien souvent cela m’attriste lorsque je n’ai plus de choix. Et à ce moment là devant ma chapelle disparue, l’espace d’un instant un grand vide m’a pris par la main.

Il me reste au fond du coeur une lourde mélancolie et cette colère que je regarde passer.
Je quitte ce banc tout neuf, je reprends ma route.
Pas la peine de pleurer un petit rêve de plus. Je sais que sur cette terre il doit exister un autre petit coin pour moi…

Et après ?

Printemps 2015La petite fille a levé vers moi son joli petit minois et m’a demandé en souriant « Ca y est ? Il n’est plus mort ton papa ? Après tu viens jouer ! »

Après ? C’est la vie qui continue, le coeur en amour et en paix …

Et songe qu’au printemps, l’hiver sert de passage
Qu’un profond calme suit l’orage
Et que la nuit fait place au jour
P. Corneille

Et soudain…

nuages noirs - photo internet…Et soudain le ciel devient noir, se déchire et hurle au vent. L’eau de là haut s’en vient avec rage pour tout brûler…

Elle n’en peut plus d’un été qui insiste, de sa terre assoiffée et de ses créatures en douleurs. Son automne fait irruption avec fureur, comme un désespoir qui explose.

PARPAING

MaisonCa a commencé par des grottes car Cro-magnon se contentait seulement de dénicher une caverne ce fainéant ! Une petite grotte car il ne voulait pas que les mammouths puissent entrer dedans ! (oui, je sais…Mais moi ça me fait rire, alors no comment ! ) Puis il y eut les huttes en bois ! Nos ancêtres les gaulois se donnaient du mal pour mettre leur famille à l’abri parce qu’il ne fallait pas que le ciel leur tombe sur la tête (No comment j’ai dit !) Vinrent ensuite les premiers châteaux forts pour faire la guerre, entourés des petites maisons du peuple faites  de pierres, bois ou torchis. Comme ça les châteaux forts étaient bien sécurisés hein !
Les constructions urbaines virent le jour avec l’utilisation des premiers matériaux composés, comme les briques par exemple, et se déclineront de maisons de maître en petits immeubles pour ensuite évoluer en affreuses barres ou en gratte-ciel modernes. Pour ça il a fallu inventer le parpaing.

Et moi j’ai inventé une nouvelle génération de parpaings ! Je ne m’en savais pas capable, mais je les fabrique très bien et même à l’insu de mon plein gré !
J’ai fait plusieurs essais, et mes parpaings sont de plus en plus beaux et denses, je n’en reviens pas. Mon amoureux non plus d’ailleurs. Nous pensons même sérieusement à faire construire une pièce en plus pour agrandir la maison.

Ah je vous sens curieux, vous voulez absolument connaître ma recette ? Je ne sais pas trop si je dois vous la livrer ou déposer un brevet. Attendez, je réfléchis… Bon puisque vous insistez autant, je partage. Prenez un papier et un stylo et notez attentivement :

Branchez la machine à pain offerte par votre amoureux. Versez dans le bac tous les ingrédients nécessaires pour fabriquer un bon et délicieux pain sans gluten en suivant très attentivement la recette spécialement conçue pour obtenir un « merveilleux pain sans gluten, moelleux et goûteux ».

Laissez faire la machine et attendez le bip bip final. Jusque là ce n’est pas trop compliqué. Démoulez, c’est prêt ! Vous venez d’obtenir votre magnifique premier parPAINg, bien consistant.

Vexée vous voulez recommencer pour avoir le dernier mot ? Ô combien vous comprends-je ! Donc on refait un essai ok ?

On change les farines sans gluten, on change également de recette et on la suit au milligramme car le vernis de notre ego est en jeu ! On met la machine en route et on attend patiemment. Quand vient enfin le moment de démouler le pain on est même un peu émue parce que celui là, c’est sûr, ce sera un chef d’oeuvre.

En effet, c’est le cas, un vrai chef d’oeuvre de… ParPAINg ! Encore plus épais et dense, donc plus réussi que le premier!  C’est vraiment un superbe spécimen, voui, voui, voui ! Je précise qu’il existe des parpaings creux, mais ce serait trop facile, moi je ne fabrique que des parpaings pleins ou rien ! Na !

Oh ! Eh ! Oh ! non mais ! Oh ! Kicéki commande ? On ne va pas se laisser faire par un pain sans gluten fait maison n’est ce pas ? Alors on recommence,  mais cette fois-ci exit la machine à pain. On va voir ce qu’on va voir ! Nonmého.

On déniche la meilleure recette du pain sans gluten in the world. On s’applique, on pétrit, on malaxe, on en a mal aux bras, mais le résultat est génial. Quand vient de moment de le mettre au four on entre en apnée car tous les espoirs sont permis. On est à deux doigts d’entourer la date en rouge sur le calendrier.
On recommence à respirer au moment de sortir le pain du four, on en a même une larmichette d’émotion au coin de l’oeil. On appelle avec enthousiasme son amoureux pour assister au spectacle et on sort du four un génialissime parPAINg de compet’ ! Plus beau c’est pas possible ! Plus lourd non plus !

Devant votre bouille plus que vexée votre amoureux finit par compatir après avoir calmé son fou-rire et vous propose de vous aider à faire un vrai bon pain sans gluten. Vous acceptez avec soulagement mais tout de même avec une pointe de scepticisme bien dissimulée.

On s’y met à deux, non seulement on suit à la lettre la nouvelle recette (encore une) avec les nouvelles farines (oui, y’en a plein ! Même des mix prêts à être utilisés, j’ai tout essayé vous dis-je) et on écoute tous les conseils de son amoureux qui cette fois attend avec autant d’espoir et d’impatience que vous le résultat tout en croquant allègrement dans sa fraîche et croustillante baguette de pain achetée chez le boulanger du village, jugeant utile de souligner Ch’est tchrès bon ! Puis d’ajouter aussitôt Oups ! Pardon ma chérie ! En fait le pain du boulanger n’est pas si bon que ça tu sais…

Bien évidemment, vous l’avez deviné, cette fois ci nous avons démoulé un parPAINg de qualité supérieure, mais, mais, mais… un parpaing fait avec Kamour, mon pote de toujours !

Je n’ai toujours pas réussi mon pain sans gluten mais j’ai fabriqué beaucoup de beaux parpaings. Je pense que bientôt on pourra commencer à construire ! Yeahhh !

Armelle au bois dormant

coucouViens, viens dans mes bras mon amie, que tes larmes de joie aux miennes se mêlent.
Viens déposer ta peine et laisse les plus belles attentes se glisser en toi car Armelle au bois dormant se réveille lentement de sa trop longue nuit.
Les médecins sont optimistes, Les progrès de ta fille sont incroyables et tous les espoirs sont permis. Coucou a-t-elle dit avant de dormir un peu pour prendre des forces.
Viens dans mes bras mon amie, il faut maintenant trouver la force de laisser du temps au temps.
Nous ne remercierons jamais assez l’équipe médicale et tous ceux qui se sont unis autour d’Armelle par la pensée ou par la prière.
Merci au ciel, à toutes et tous, Merci infiniment, éternellement, éperdument… Merci.

 

photo internet

Armelle

photos portable 2010 003Le téléphone a sonné cette nuit. De sa voix douce et tremblante, mon amie m’a parlé de sa fille.

Armelle s’est faite renversée par un chauffard mardi.

Elle est entourée de machines, beaucoup (trop) de machines. Coma profond ont ils dit. On ne peut pas se prononcer

Armelle est authentique, courageuse, intelligente, et en plus elle est jolie. Elle est aussi sans complaisance et cela perturbe certains…

Armelle est en quête, elle est en chemin sur ses propres sentiers, sa foi au chaud dans son coeur.

Armelle m’avait dit, un jour où elle affrontait une épreuve terrible ‘Si j’entre en acceptation, alors tout arrive pour le mieux » avec ce regard tendre et  mystérieux de ceux qui savent lâcher prise quand d’autres s’agrippent de toutes leurs forces à leurs douleurs.

Armelle recommençait à vivre et son sourire me faisait penser à celui qu’elle avait sur les photos quand elle était enfant. L’image s’est envolée, on voudrait croire qu’elle ne fait que dormir.

Autour d’elle une chaine de prières s’est spontanément créée…  Quelle que soit l’issue, que la force de l’Amour soit avec elle et sa famille.

Ainsi soit-il.

Folie

P1000418« C’est une folie de haïr toutes les roses parce que une épine vous a piqué,
d’abandonner tous les rêves parce que l’un d’entre eux ne s’est pas réalisé,
de renoncer à toutes les tentatives parce qu’un a échoué…
C’est une folie de condamner toutes les amitiés parce qu’une vous a trahi,
de ne croire plus en l’amour juste parce qu’un d’entre eux a été infidèle,
de jeter toutes les chances d’être heureux juste parce que quelque chose n’est pas allé dans la bonne direction.
Il y aura «toujours une autre occasion, un autre ami, un autre amour, une force nouvelle. Pour chaque fin il y a toujours un nouveau départ…» « 

(Antoine de Saint-Exupéry)

Confidence

confidence LadyElleUn jour il lui a dit … Je tombe, mais je tombe en toute confiance…

Elle s’approche, la lumière de son regard illumine son coeur d’homme.

Elle se penche vers lui lentement.
Chut !
Doucement !
Attends !
Elle murmure… Je suis là, tout près de toi, tu tombes et je te recueille dans une pluie d’étoiles,
Je suis là, tout près de toi, mes doigts dans tes cheveux pour t’apaiser,
Je suis là, tout près de toi, mes lèvres sur les tiennes à peine posées, pour le frisson,
Je suis là, tout près de toi, mes mains sur ta peau pour te sentir vibrer…

Ce n’est qu’une toute petite fée, mais elle vient doucement, et à chaque fois qu’il pense à elle, il sait qu’elle sera là, tout près de lui.
C’est une toute petite fée. Petite, mais libre. Comme toutes les fées elle sait qu’elle peut partir quand elle le veut car le monde est à elle.

Chacun de ses pas dans sa vie d’homme est une offrande délicate, chacun de ses gestes est cadeau, chaque mot d’amour est miracle. Est ce qu’il comprend ?
Personne ne le sait, elle ne le dit pas, sauf à lui… Est ce qu’il comprend ?

Personne ne le sait, elle ne dit toujours rien la petite fée, si petite, celle qui offre un peu de lumière aux coeurs gris…
Personne ne le sait, mais une petite fée c’est fort et c’est fragile.
Pour être une petite fée il faut avoir ses ailes brûlé, là, en bas, et pourtant un jour vers la lumière s’envoler …

La petite fée porte juste un peu de lumière, celle qui vient du ciel, essentielle, tout simplement