Ange gardien de nuit

croissant de lune2h00 du matin, je ne dors toujours pas, comme d’habitude. Faut pas se demander pourquoi, je suis tout simplement en jet lag permanent, voilà tout ! Je vis à l’heure New Yorkaise, rien que ça ! (Eh ! Oh ! Je n’allais quand même pas vous donner le nom d’un hameau perdu à Trifouilli Les Oies, ma modestie me l’interdit).
Soudain une odeur de fuel m’alerte ! Je me lève d’un bond, le coeur battant et me précipite dans le garage où se trouvent la chaudière et la cuve à fuel en me demandant ce que je vais trouver.

Pas d’incendie, c’est déjà ça !
La chaudière semble tourner normalement, c’est bien aussi.
Le niveau de la cuve est bon, tout est correct.

Mais l’odeur est vraiment très forte dans le garage et le néon n’éclaire pas assez bien le coin chaufferie. Ca vient peut être de dehors ? J’avais déjà signalé un incendie chez des voisins il y a quelques années car j’avais senti la fumée…. J’ouvre le garage pour constater que tout va bien. Donc c’est bien chez moi qu’il y a un problème ! Grrrrr !
Je pars chercher la lampe de poche, bien évidemment je dois fouiller dans 4 tiroirs avant de la trouver, et je joue au détective. Je fais comme dans les films policiers, fusillant de lumière tous les coins suspects (Ben quoi ? J’ai le droit ! Un détective en pyjama, c’est bien aussi !  )
Je découvre enfin derrière la cuve un petit robinet de sécurité qui fuit. Rhaaaa ! Par précaution j’éteins en urgence la chaudière. Et re-rhaaaaa car je dois déplacer le lave-linge, c’est lourd ce truc ! Et aussi la brouette et autres broutilles plus ou moins pesantes et encombrantes pour accéder enfin au robinet sous lequel j’installe en vitesse une vieille bassine que j’ai dénichée dans un coin après avoir fouillé tout le garage en rouspétant..
Accroupie, les pieds dans le gaz oil (Beurk ! )  J’essaie de serrer l’écrou mais zut de zut, ça coule encore plus fort. Je file ouvrir la boite à outils pour prendre une pince et je joue l’apprentie plombière en espérant ne pas aggraver la situation. Ouf ! J’ai limité les dégâts. Je verrais tout ça plus tranquillement quand il fera jour. J’aère le garage et la maison malgré le froid, et surtout sans réveiller mon amoureux, je me lave et frotte pendant un bon moment, l’odeur de fuel est plutôt tenace, et hop, au dodo bien au chaud parce que même si je ne dors pas, j’aime bien mon lit. Je rallumerai la chaudière seulement quand il n’y aura plus de danger.

Quelques heures plus tard, à 6h00 très exactement, alors que je dors comme un bébé, j’entends un murmure hésitant (Oui, parce que, en général, je me transforme en Taz si on me réveille)  « Ma chérie que s’est il passé dans le garage ? Tout est chamboulé et ça sent très fort le fuel »
Je marmonne que l’ange gardien de nuit à stoppé une fuite au robinet de la cuve, je veux savoir si ça coule encore ?
Mon amoureux revient pour me rassurer, tout va bien, ça ne coule pas. Pas besoin d’appeler le chauffagiste, j’ai assuré comme une pro ! (Vous avais-je précisé que je suis modeste ?  )
J’ai encore 1h30 à dormir avant de me lever pour aller bosser, je vais la rentabiliser à fond.

La nuit, quand la maison est inondée à cause des pluies, je suis la reine des serpillères, des bassines et des saladiers sous les fuites, quand les orages tonnent j’arrive toujours à tout débrancher avant que la foudre ne m’assomme ou fasse sauter le disjoncteur, si j’entends un bruit inhabituel dans le jardin ou la forêt, j’allume tout sur la terrasse pour faire fuir les cambrioleurs (Et oui ! Il y en a même à Bout de Brousse) Ou pour admirer discrètement la bruyante famille de sangliers qui se délecte des glands en abondance sous les chênes,.Quand un enfant ou un chat est malade je me lève. Sauvetage de fleurs ? Pas de problème, je pars à la chasse aux escargots, aux limaces, je n’hésite pas, j’ajoute même les scorpions, même pas peur ! Enfin, si, un peu quand même car ça pique fort ces petits bestiaux, pour les perdre dans la forêt (Ouh ! Cruelle je suis) Car j’interdis formellement l’utilisation des produits chimiques.

L’homme, les enfants, les voisins, les plantes et les animaux, tout le monde peut dormir tranquille (Oui, je sais, sauf les escargots, limaces et scorpions).

Kicéki veille sur la maison la nuit ? Cémôa !

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Rentre chez toi !

Rentre chez toi ! Tu n’as rien à faire chez moi ! Je te le dis gentiment, mais tu n’es pas le bienvenu, il vaut mieux que tu t’en ailles…

J’ai commencé par lui dire calmement hein ! Un genre de médiation voyez vous. Tu t’en vas vite et moi je ne dirais rien, je te laisserais tranquille, c’est un bon deal il me semble ? Mais il ne veut rien entendre et moi je veux qu’il parte, là ! Maintenant ! Tussuite ! Puisqu’il n’en fait rien, je commence à lever un peu la voix, histoire de lui montrer que je ne plaisante pas, c’est peine perdue !

J’essaie de le faire partir, mais ça l’énerve. Le bougre a même appelé des copains à la rescousse et voilà qu’ils sont trois maintenant ! Ils se font menaçants et je n’en mène pas large. Mes encouragements pour qu’ils partent ne fonctionnent pas. C’est un peu comme s’ils ne comprennent pas ce que je dis. Je leur demande d’où ils viennent car ils sont un peu trop grands et un peu trop gras pour être provençaux. A priori, ils ne portent pas de petit kimono rouge, mais leurs yeux sont en amandes, je crois bien qu’ils sont de là bas, enfin je le suppose.Je tente un timide 你们好 nǐmen hǎo  qui semble les agacer prodigieusement. J’ai le trouillomètre à zéro, mais courageuse je suis et avant de fuir je veux quand même gagner la bataille à défaut de gagner la guerre. Tout d’abord je me sers d’une arme conventionnelle. En vain ! j’ai beau viser c’est mission impossible.

Bonjour LadyElle, cette mission si vous l’acceptez sera d’éliminer à grands coups de tatane les individus dangereux. Si vous même ou l’un de vos agents étiez capturés ou tués le département d’état nierait avoir eu connaissance de vos agissements, ce document s’auto détuira dans 5 secondes, Bonne chance LadyElle….

Je vais donc devoir sortir mon arme de destruction massive.Je n’aime pas l’utiliser mais elle est là en cas de grande urgence. Cette fois il faut que je le fasse, sinon ils vont appeler d’autres copains et ça va devenir dangereux. J’ai une mission à accomplir, on compte sur moi.
Je m’aplatis un peu, histoire de me faire « petite » et je traverse la pièce à toute vitesse pour me précipiter sur la cachette d’où je sors triomphalement l’objet qui va me sauver et très vite, avant qu’ils aient le temps de se jeter sur moi je vise avec témérité ! (voui j’ai le permis 007 aussi ! ) Je les vois reculer, très en colère et s’agiter très fort ! Là je commence à avoir vraiment peur, mais je ne le montre pas, ma réputation est en jeu ! Je dégaine encore une fois tout en effectuant une spectaculaire stratégie de repli. Ouais bon, ce n’est pas glorieux, mais je voudrais bien vous voir à ma place… !

Je m’enferme vite dans une autre pièce et j’attends un peu avant de retourner voir s’ils sont partis. Que nenni ! ils sont même de plus en plus en énervés, ils font tellement de bruit que j’ai l’impression qu’ils sont une dizaine. Quoi ? non seulement ils s’immiscent chez moi sans être invités, mais en plus ils me font un caca nerveux ? Ils sont tellement bruyants que je ne m’entends plus penser. Mince ! zut ! Crotte ! Ils m’ont aperçue et Je les vois de nouveau venir vers moi, j’ai la pétoche alors je dégaine encore une fois avant de vite fermer la porte.

Quelques minutes plus tard, j’entrouvre prudemment et j’écoute. C’est le silence ! Ah ? sont-ils partis ? Je vérifie, avec précaution quand même, s’ils ne se sont pas cachés. Je les vois au sol, ils ont été terrassés ! Je me dépêche de fermer toutes les portes et fenêtres car j’imagine que leurs collègues vont arriver.

Très vite, j’ai appelé Régis, le policier municipal en chef. Je lui ai raconté ma mésaventure. Il peut passer ? oui il peut. En effet il est venu aussitôt pour établir un constat. Il a même pris des photos des corps pour authentification des Vespa Velutina par le légiste et me recommande de garder la maison bien fermée, puis il s’en va en me promettant protection, il va faire le nécessaire.

Quelques minutes plus tard, depuis ma fenêtre j’en vois encore un qui vient me narguer. Rentre chez toi lui dis-je, rentre vite chez toi si tu veux être tranquille. Je lui fais les gros yeux mais il s’en fiche. En fait c’est lui qui me fait peur en me fixant d’un oeil impitoyable et ses copains ne tardent pas à venir en renfort. Décidément ils sont têtus !

Rentre chez toi gros frelon ! Ce n’est pas ta place ici, Je te préviens, il est inutile de chercher où fabriquer un autre gros ballon de basket dans ma maison ! Celui que tu as construit dans le chêne à dix mètres de ma terrasse est déjà assez impressionnant comme ça ! Allez zou ! Ne revient plus. De toute façon tu n’es pas plus gros que mon pouce, ce qui veut quand même dire que tu fais partie des « armoires à glace » chez les frelons,  mais ne le prend surtout pas comme un compliment, crois moi !
Je préférerais vraiment te laisser vivre tranquillement ta vie de frelon, mais puisque tu ne veux pas comprendre quand je te dis que tu dois rentrer chez toi….frelons