Bénédiction

neemrana-fort-palaceJe n’oublierai jamais ces quelques semaines en Inde, au Rajasthan…

Je n’oublierai jamais cette soirée avec Sudhir,, l’air était doux, l’encens parfumait légèrement la grande terrasse sur le toit de l’ancien palace, au loin les mélopées nous berçaient, nous étions seuls.
Il a murmuré qu’il sentait tant de douleur en mon coeur. Il m’a demandé s’il pouvait prier pour moi et me bénir. J’ai accepté.
Il a pris mes mains et a commencé à prier pour moi sous les étoiles.

Puis je lui ai demandé la permission de le bénir à mon tour et de prier pour lui.
Il a accepté.

Moment très intense et privilégié, très fort partage entre deux religions, entre deux races, entre deux terriens…..

 

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Le lac sacré

pushkar 2005J’ai eu l’occasion de faire un fabuleux voyage en Inde, au Rajasthan. j’ai rencontré des gens merveilleux, vécu des moments rares et précieux, parmi ceux-ci, même si je n’ai pas les mots pour bien le raconter, je voudrais partager celui que j’ai eu la chance de vivre lorsque mon périple s’est terminé à Pushkar.

Je n’oublierai jamais l’aube de ce matin de novembre 2005. Il est à peine 4h00, la lune de Kartik est pleine et brillante, il fait encore nuit, ce n’est pas encore le moment du bleu, le soleil viendra plus tard. Je les distingue à peine, mais ils sont déjà des centaines autour du lac sacré. La mélopée douce et envoutante des mantras murmurés pénètre petit à petit en mon âme, je reste debout et j’écoute.

Enfin le jour se fait discret, il colore à peine le lac, les saris et les dhotis des pèlerins de petites lueurs chaudes. Les silhouettes se dessinent. la foule est impressionnante, tout comme le calme et la ferveur qui s’en dégage. Je reste à l’écart, pour ne pas leur voler ce moment de communion sacrée, pas de photo ce jour là.
Comment décrire cette intense émotion qui m’envahit lentement ? Le Dieu Brama est là pour eux, d’aucun diront qu’il est là aussi pour moi…… peut être, oui…. peut être….
Je sens mon âme emportée par toute cette bienveillante énergie qui émane des milliers de croyants qui continuent d’affluer sans cesse, lentement, avec sérénité. Une telle énergie de foi et d’amour, une telle confiance venant des plus humbles, ce mouvement porteur d’espérance me touche, je ressens comme une vibration et soudain la carapace qui contient mon coeur en miettes s’entrouvre et laisse passer un peu de lumière. Quelle impression surprenante. Faut-il se sentir mourir pour pouvoir renaître ?

Le son d’un instrument mélodieux inonde la foule, c’est le signal, le temps est arrivé : Les prières s’intensifient d’amour et d’espoir, de peines et de blessures, tout fait écho en moi.
Il sont des milliers maintenant, je m’unis à eux, doucement mon coeur commence à prier. La gratitude m’envahit, Je voudrais remercier et lentement, avec humilité et concentration, mon corps se met à bouger, spontanément je déroule un doux kata qui s’appelle « la voix du ciel ». Ma prière se fait danse, c’est ma petite offrande…
Personne ne me voit, ou si peu, je m’autorise enfin à lâcher prise et mes larmes coulent pour les blessures, pour les bonheurs, pour la vie qui me porte et m’anéantit parfois.
Mon kata terminé, je ne suis plus qu’offrande et je reste plantée là, les pieds enracinés dans le sol indien et la tête dans le ciel que le soleil commence à rougir.
Longtemps encore, je reste immobile, j’écoute, je sens, je ressens, j’absorbe, Je prends un moment au temps. Je voudrai sortir de moi pendant que le soleil se lève lentement. J’ai laissé un peu de moi, là bas, au bord du lac sacré de Pushkar.

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