Je me souviens

phone juillet 2013 305Dans le clair obscur du jour qui s’enfuit je me souviens. C’était il y a longtemps je crois. La vie m’a fait envie. C’était un moment si intense. J’ai retenu mon souffle.
Le soleil a forcé la carapace, quelque chose a libéré l’insidieuse souffrance. Le printemps me rendait enfin douce et j’aimais que cela se voit.
Mon âme s’épanouit, je ne peux rien y faire. Je fais celle qui ne voit pas, mon âme s’envole. Je suis la reine solitaire qui choisit toutes les choses qui la chavirent. Guerrière pacifique qui aime se perdre en terre inconnue, je ne crains ni le feu ni le fer, je ne suis pas si faible qu’on le pensait.
Quelquefois je tombe sur mon chemin c’est vrai, mais je me relève, larmes bien cachées, ce n’est pas bien grave tout ça. Longtemps encore j’étreindrais la lumière, j’en profiterais chaque seconde. J’ai délaissé l’ombre.

Le poète qui marche

040Tout d’abord je vois une silhouette qui s’avance vers moi lentement à travers un désert magnifique. Petit à petit je distingue un homme jeune, tête penchée, son visage est caché par ses longs cheveux noirs jusqu’au moment où passant devant moi il me regarde et ses yeux d’un vert doré m’hypnotisent. Nous nous disons bonjour, et alors qu’il continue son chemin je le retiens en lui demandant qui il est.

Il me parle sans rien dire. C’est curieux, vraiment bizarre. Puis je comprends que nous communiquons par télépathie et je trouve ça tout à fait naturel.
Il me dit qu’il est poète et ça me fait sourire car je ne le prends pas au sérieux.

Depuis toujours il veut transcrire ses poèmes, mais c’est impossible, je ne sais plus s’il dit que le papier est bizarre ou si les stylos ne marchent pas, il est condamné à les apprendre par coeur. Il accepte que ce soit comme ça mais ça le rend triste car il a peur d’en oublier.

Puis il me raconte qu’il marche, sans cesse il marche pour les mémoriser. Il m’avait croisée un jour. Je lui avais demandé qui il était, que je ne voulais plus voir de tristesse dans ses yeux verts de poète qui marche.Je lui avais dit qu’il y avait d’autres façons d’écrire des poèmes. Je lui ai donné un livre aussi petit que l’ongle de mon pouce, les pages faites de canevas vierges.
Il t’est impossible d’écrire ? Mais tu peux broder, fais-le et ne doute pas, c’est tout.

Ses beaux yeux brillent, il ouvre sa main et je vois le minuscule livre brodé. Il n’a pas douté et il a brodé ses mots. Enfin il écrivait !
Attends, je vais te montrer
Il tourne les pages. Il y a des dizaines de poèmes, certains très longs, d’autres ne font que quelques mots, mais tous tiennent sur une page et je n’arrive pas à comprendre comment tout cela est possible.
Et puis quelle idée bizarre de broder des poèmes sur un support aussi minuscule. D’ailleurs je ne me rappelle même pas l’avoir déjà rencontré, pourquoi lui aurais je dis de broder ses poèmes ? Je ne comprends pas.Tout est est à la fois étonnant et normal.
Je prends une loupe dans ma poche et je commence à lire, je suis épatée et admirative…
Tu es très fort
Mais non, il suffit de savoir que c’est possible et je veux te dire merci.
Je pense que je lui demanderai des explications plus tard car je ne vois pas de quoi il veut me remercier. Tout d’abord je veux absolument tenir le livre pour continuer à lire.
Ce n’est pas possible, tu ne peux pas le toucher, et tu dois faire vite.
Alors j’essaie d’en lire le plus possible et je les aime tous, mais il ferme le livre avant que je puisse terminer. Il faut qu’il continue sa route.

Je me rappelle du début d’un seul d’entre eux

Je suis un téléphone
j’ai plus de mille deux cents noms…

Impossible de me souvenir de la suite. Je sais qu’il fait très exactement huit lignes, ses mots sont brodés de différentes couleurs et il est amusant. Je sais qu’il ne parle pas d’un répertoire et je me dis que ce serait rigolo si moi aussi j’avais mille deux cents prénoms.

Je lui dis que je ne me souviens absolument pas l’avoir rencontré ni lui avoir remis le livre à broder.
Quand t’ai je donné ce livre ?
Demain
Il plonge ses yeux mystérieux dans les miens et toujours sans parler il me dit une phrase dont je ne me souviens pas, puis il reprend sa longue marche.

J’ai voulu rattraper le poète qui marche, mais je me suis réveillée…

Faire le vide

zenPlus les années passent et plus j’ai envie de moins, de minimum, presque de vide, mais nan ! Faut pas exagérer, je ne suis pas prête à l’ascétisme.

C’est bizarre car je voudrais encore moins de meubles mais plus de confort, ne plus avoir d’objets mais ne manquer de rien. D’ailleurs je ne remplace pas et parfois j’ai une crise de jetage alors je jette ou je donne.
Pourtant, sans savoir pourquoi, ou peut être parce que je ne veux pas savoir pourquoi, je m’accroche encore à un objet. Je me contredis toute seule, je crois que je peux me moquer de moi !

Mais je veux plus ! Oui, oui, je veux moins et je veux plus (Je ne cherche même plus à me comprendre)
Davantage de liberté, si je puis dire, puisque si ce n’est la liberté tout court, c’est ne pas être libre (Là je sens que vous vous demandez ce que j’ai pu avaler dans ma délicieuse tasse de thé ce matin hein ? ) plus de temps, plus de voyages, plus de possibilités, plus de douceur et de paix, en moi et autour de moi.

Je veux vider davantage ma maison. Minimaliste et zen je la voudrais. J’ai l’impression, peut être idiote, que moins je possèderais plus libre je serais.
Oui c’est ça, vider pour me libérer, comme pour me délivrer d’un poids.que je veux déposer, mais on dirait bien qu’il me faut beaucoup (trop) de temps et ma vie ne dure qu’un instant que je voudrais ne pas gâcher. Un précieux petit moment de vie sur cette planète qui non seulement est belle, mais pourrait aussi être merveilleuse si les humains la laissait vivre sa vie au lieu de l’encombrer et d’accumuler sans discernement. Tout simplement.

Pfiouuu ! Je crois qu’il va falloir que je me prépare une tasse de thé supplémentaire moi. Et ça je garde !

Imaginez une femme…

femme

Imaginez une Femme…

Imaginez une femme qui croit que c’est juste et bon qu’elle soit une femme.
Une femme qui honore son expérience et raconte ses histoires.
Qui refuse de porter les péchés des autres dans son corps et sa vie.

Imaginez une femme qui a confiance et se respecte elle-même .
Une femme qui écoute ses besoins et désirs.
Qui y répond avec tendresse et grâce.

Imaginez une femme qui reconnaît l’influence du passé sur le présent.
Une femme qui a traversé son passé.
Qui a guéri dans le présent.

Imaginez une femme qui réalise sa propre vie.
Une femme qui exerce, initie et agit en son propre nom.
Qui refuse de se rendre sauf à son soi authentique et sa plus sage voix.
Imaginez une femme qui nomme ses propres dieux.
Une femme qui imagine le divin à son image et à sa ressemblance.
Qui conçoit une spiritualité personnelle pour sa vie quotidienne.

Imaginez une femme amoureuse de son propre corps.
Une femme qui croit que son corps est suffisant, comme il est.
Qui célèbre ses rythmes et cycles comme une ressource exquise.

Imaginez une femme qui honore le corps de la Déesse dans son corps en changement.
Une femme qui célèbre l’accumulation de ses années et sa sagesse.
Qui refuse d’utiliser son énergie vitale pour déguiser les changements de son corps et de sa vie.

Imaginez une femme qui estime les femmes dans sa vie.
Une femme qui s’assoit dans les cercles de femmes.
À qui l’on rappelle la vérité de sa nature quand elle l’oublie.

Imaginez-vous comme cette femme.

~ Patricia Lynn Reilly (traduction libre)

Original extrait de la page : Wild Women Spirit Dance – Sisterhood

L’instant d’après

imagesL’instant d’avant elle était simplement là, sur cette planète, à cet endroit bien précis, seule parmi des milliards d’êtres humains.
Elle avait ce besoin indispensable de se situer sur le globe terrestre, de savoir vers quelles terres lointaines se dirigeait son regard.
Elle se perdait tout le temps, mais elle savait toujours dans quel sens elle était sur cette planète. C’était rassurant et cela lui donnait l’impression d’avoir les pieds sur de la terre.
Elle avait ses repères, la montagne dans son dos, les premières collines tout près, la mer devant les yeux. Cette mer qu’elle aimait tant regarder en janvier et février, au moment du coucher du soleil, avec ces couleurs parfois improbables, captivantes, irréelles, le clocher St Michel qui se découpe sur la droite. Un moment magique, un espace précieux…

Ailleurs ? ailleurs c’est partout. C’est le désert qui dévaste, celui qui assèche même un jeune coeur. Le désert ? oui, c’est ça, le désert.
L’instant d’avant, elle était en plein désert, sans soleil.

Il fallait cette fraction de seconde dans sa vie et il y eut l’instant d’après. Quand il parlait, c’était pour elle, ne voyant plus les autres. Elle qu’il regardait droit dans les yeux tout en continuant la conversation. Tout ce qu’il disait aux autres, c’était pour elle, l’unique, l’élue. Elle a enfin commencé à vivre. Ca ressemblait drôlement au bonheur se disait-elle. Il fut la seule personne à qui elle ait fait confiance. ça lui faisait bizarre au début, il a fallu du temps pour accepter, mais c’était bon à vivre, alors elle a enfin lâché prise. La complicité était si forte, si évidente. Elle était enfin en sécurité, rassurée, et elle ne se lassait pas de la tendresse au quotidien.
Ils étaient très indépendants, c’était indispensable, Ils n’envisageaient pas que l’on puisse aliéner sa liberté, mais lorsqu’ils étaient ensemble, ils étaient très tactiles et ne se concevaient qu’en étant reliés. Lorsque l’un s’éloignait, l’autre le cherchait. Ils se tenaient toujours la main, il aimait aussi poser la sienne sur son épaule ou sur sa nuque. Il fallait ce contact, toujours, indispensable, incontournable.
Ca faisait souvent sourire, il y en a que ça énervait, mais ils s’en moquaient. Ils étaient bien et ils n’avaient besoin de personne. ils savaient interrompre ces moments fusionnels avec sérénité dès lors qu’ils n’étaient plus sur le même lieu. Chacun retrouvait son espace, c’était délicieux.

23 ans plus tard il doit partir. Il n’a pas le choix. C’est son chemin de vie. C’est brutal. Quand on n’a pas le temps de s’habituer à la possibilité de l’absence, on se quitte maladroitement, sans un mot en regardant le sol, sans pleurer parce qu’on n’y croit pas. Elle n’a pas eu le temps de se sevrer de sa tendresse et de sa présence. L’instant d’après ? elle n’est plus la priorité de personne.

Tiens, le désert est là ! elle le reconnait bien. C’est violent, tellement violent…mourir lentement. L’instant d’après elle va fermer son coeur et les volets bleus, elle va jeter la clef…

Liberté

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« Les gens qui aiment les chats adorent cette indépendance qu’ils ont, car cela garantit leur propre liberté.
Ils ne supportent pas les entraves, ni pour eux mêmes, ni pour les autres.
Ils ont cet orgueil de vouloir être choisis chaque jour par ceux qui les aiment et qui pourraient partir librement, sans porte fermée, sans laisse, sans marchandage, et rêvent bien sûr que l’amour aille de soi, sans effort et qu’on ne les quitte jamais.
Ils ne veulent pas obtenir les choses par force et voudraient que tout soit donné librement.
Les gens qui aiment les chats avec infiniment de respect et de tendresse auraient envie d’être aimés de la même manière……. qu’on les prenne tels qu’ils sont….. et que leur présence soit un cadeau. »

Texte emprunté à Annie Duperey

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