Retour vers…

octobre 2015 052Il suffit de pas grand chose pour faire un voyage dans le temps.
Une fabuleuse assiette de riz au lait préparée par ma mère, saupoudrée de cannelle, (le riz ! Pas ma mère ! ) et voilà « Retour Vers l’Enfance » qui passe en boucle dans un petit coin de ma tête.
C’est sans gluten, youpi ! J’ai tout mangé, je n’en ai pas laissé un grain, miam !

Recette du riz au lait de maman

Faire bouillir un peu d’eau, verser 100 g de riz rond et faire précuire 10 mn,
Jeter l’eau et verser le lait (environ plus ou moins 1 litre)
1 gros zeste de citron (ou d’orange selon le goût)
Laisser cuire en remuant de temps en temps environ 35 à 40 minutes
Environ 10 minutes avant la fin de la cuisson ajouter 5 à 7 cuillères à soupe de sucre en poudre selon le goût
1 sachet de sucre vanillé

Retirer du feu et couvrir la casserole
Attendre que la cuisson se termine
Verser dans un récipient et saupoudrer de cannelle

Yapluka déguster !

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Comment lui dire…

IMG_0939…Que la vie continue quand elle me dit qu’elle a juste envie de disparaître… Lui dire qu’elle a le droit de sourire sans que nous imaginions que cela enlève quelque poids à son immense chagrin.
Comment lui dire qu’elle n’est pas seule car enfants et petits enfants ne demandent qu’à l’entourer alors que pour elle l’avenir ne signifie qu’une intolérable solitude.
Comment lui dire que nous l’aimons quand elle ne veut plus rien entendre qui puisse ressembler de près ou de loin à du bonheur puisqu’elle se se sent tellement vulnérable, terriblement abandonnée par celui qu’elle a tant aimé, celui qui la protégeait et savait la faire rire.
Comment lui dire « Bonne fête maman »….
Elle n’a pas pu et pas voulu m’entendre… Elle sait que cette année je ne pourrais pas dire « Bonne fête papa« .

Quand je prendrai sa main dans la mienne…

mars 2015 161La nuit tombe. Entendre la voix brisée de ma mère au téléphone et lui crier que j’arrive. Mettre tant bien que mal une trousse de toilette dans un sac. Ecouter la voix douce de celui qui est à mes côtés refuser de me laisser conduire, me protéger et m’emmener.
Le laisser au volant et pour moi avaler des centaines de kilomètres dans la nuit. Vite, très vite, pour que je puisse arriver à temps.

Le coeur serré, prier, supplier et me répéter sans cesse en silence « Quand je prendrai sa main dans la mienne, il ne faut pas qu’elle soit froide, quand je prendrai sa main dans la mienne il ne faut pas qu’elle soit froide, quand je prendrai sa main dans la mienne…  »
Voir une étoile filante, espérer être exaucée et en même temps m’imaginer un signe d’au revoir.

Trouver l’hôpital en pleine nuit mais personne pour me renseigner. Parmi toutes les pièces me diriger instinctivement vers la bonne salle de réanimation. Comprendre que c’est trop tard en voyant les visages graves des nombreux soignants, immobiles autour d’un lit que je devine derrière eux et leur crier « je suis sa fille » sans vraiment savoir si c’est lui..  Soudain les voir s’activer. Puis écouter le médecin « Bien qu’il soit dans un coma prononcé, peut être vous a t-il a entendue, il s’est remis à respirer » et nous dire qu’il est désolé, il n’y a aucun espoir. Pleurer et serrer les dents.
Demander à rester près de lui. Prendre sa main chaude dans la mienne et lui parler, tout lui dire…

Quelques heures plus tard l’avion de petite soeur adorée arrivé, la voir entrer dans la chambre, lui dire au revoir sans savoir s’il entend.
La laisser raccompagner maman si fragile et dévastée dans sa maison vide. Ne pas douter un instant, avoir la certitude que sa place est avec elle et la mienne auprès de lui. Tout est bien ainsi.

Passer une nouvelle nuit à ses côtés, et au petit matin entendre dans le silence son souffle s’éteindre lentement et sentir sa main dans la mienne devenir froide, horriblement froide.

Attendre frère adoré arrivant du bout du monde. Se réunir et s’unir. Entourer notre mère pour l’embrasser, la consoler et la soutenir. Papa, tu es parti sans dire adieu. Maman te cherche.

Le jour se lève. S’occuper des vivants…