Je me souviens

phone juillet 2013 305Dans le clair obscur du jour qui s’enfuit je me souviens. C’était il y a longtemps je crois. La vie m’a fait envie. C’était un moment si intense. J’ai retenu mon souffle.
Le soleil a forcé la carapace, quelque chose a libéré l’insidieuse souffrance. Le printemps me rendait enfin douce et j’aimais que cela se voit.
Mon âme s’épanouit, je ne peux rien y faire. Je fais celle qui ne voit pas, mon âme s’envole. Je suis la reine solitaire qui choisit toutes les choses qui la chavirent. Guerrière pacifique qui aime se perdre en terre inconnue, je ne crains ni le feu ni le fer, je ne suis pas si faible qu’on le pensait.
Quelquefois je tombe sur mon chemin c’est vrai, mais je me relève, larmes bien cachées, ce n’est pas bien grave tout ça. Longtemps encore j’étreindrais la lumière, j’en profiterais chaque seconde. J’ai délaissé l’ombre.

Je ne dois pas le croire parce que…

LONDRES2014 117… Parce qu’il m’avait vendu l’affaire en me disant que cette fois ce sera vraiment cool, qu’il a envie de vacances tranquilles, on ne passera pas nos journées et nos nuits à marcher dans Londres. J’ai quand même demandé « C’est promis ? »
Oui, il promet avec conviction car il a besoin de repos, nous avions déjà visité tous les sites touristiques, donc cette fois ce sera vraiment calme et reposant.
Moi je l’ai cru ! Je n’aurai pas du !

Dois-je vous dire qu’il a organisé les trajets pour ménager mes petons jolis ? Voui, voui ! Il l’a fait.
Dois-je me prosterner devant lui car il est arrivé à trouver des ascenseurs, quand il y en avait, pour éviter les escaliers à ma cheville récemment un peu cassée et tout juste un peu réparée ? Oui, il l’a fait.
Dois-je lui être reconnaissante d’avoir pensé aux déplacements underground et aux bus ? Oui, il y a pensé et j’aime bien prendre les bus londoniens.
Dois-je baigner dans le bonheur parce qu’il a été adorablement adorable ? Evidemment, c’est aussi ça le bonheur d’être deux.

Malgré toutes ses attentions pour me ménager et tenir sa promesse, malgré le métro, les bus, les ascenseurs et son adorable attitude envers moi,
Vous parlerais-je des dizaines de centaines de kilomètres qu’il m’a fait parcourir ?
Non, je ne ferais jamais ça, je n’en dirais rien.
Vous conterais-je les centaines de milliers de kilomètres pour trouver ZE librairie qui…. ? Non, non, n’insistez pas, je ne vous le conterais pas.
Vous narrerais-je les milliers de milliards de kilomètres pour dénicher ZE pub où… ?
Mais non j’ai dit ! Je ne narrerais rien. D’ailleurs, vous l’avez remarqué, je n’évoque même pas le sujet !

Nous avons été partout où il voulait aller, vu tout ce qu’il voulait voir, nous n’avons rien raté et c’était vraiment sympa ! C’est un amoureux heureux qui est rentré en France, yes !
Et une Lady qui a eu besoin d’une semaine de travail pour s’en remettre. Really ? Ho que  Yes, vraiment really !!!
 

J’ai imaginé…

_DSC4562Lorsque j’ai vu ce palmier perdu dans ces arbres j’ai instantanément pensé au dessin qu’un feu d’artifice laisse dans le ciel.
Oui, c’est ça, je me suis inventé avec plaisir un feu d’artifice végétal, Oh les belles vertes !

Puis je suis passée avec mon amoureux sous leur ombre fraîche et derrière se cachait  un Magnolia . Nous avons été accueillis par le parfum de ses belles et énormes fleurs blanches et j’ai imaginé le parfum du bonheur.

Avec l’accent !

IMG_0177Je vous ai déjà parlé de ma vieille voisine, commère en chef elle était, commère elle n’est plus car le temps a fait son travail. La fougue et l’énergie pour surveiller ses voisins se sont estompées.
Elle est en maison de retraite maintenant où elle s’étiole petit à petit. La résidence n’est qu’à 200 mètres de son domicile, mais… son coeur n’y est plus.
Je vais la voir de temps en temps, et je ne veux garder d’elle que les sourires, et même les rires lorsque je l’entendais dire, avec l’accent du sud qui chante fort  :

Ah ! Elle, je ne l’aime pas, je l’ai dans le « colimaçon » ! (Euh.. Colimateur non ? )

A propos des aides ménagères : J’en ai marre qu’elles me cassent du « beurre » sur le dos (Ben voui ! casser du sucre le dos (médire) ça doit faire mal ! Aïeuuhhh)

Je dois appeler le « WC-elle » pour aller chez le kiné (Le VSL ! Pour nos amis québecois je précise qu’il s’agit d’un Véhicule Sanitaire Léger, soit un taxi agréé par la sécurité sociale pour transporter des personnes lors de rendez vous médicaux)

Elle tapait tellement fort du plat de la main sur la table, à m’en demander si elle ne se faisait pas mal, et elle me lançait d’un air belliqueux : Tu sais, Moâ ! Oui Moâ qui aurais toutes les raisons de raconter tout ce que je sais, moi je ne dis rien car je ne veux pas semer la « zinanie » Moâ ! (Parce que la zizanie… C’est pire ! )

En composant le numéro de téléphone de son voisin plombier et accessoirement ami, pour l’invectiver : Oh je ne vais pas me mettre le « foie au bouillon » à cause d’un plombier ! (quand je pense qu’il a failli lui mettre la rate au court bouillon (se faire beaucoup de souci)… ! )

Mais on va voir qui je suis ! Car je vais aller à la mairie pour mettre les choses au point. On va mettre « les cartes sur le plat ». (Toujours pour nos amis francophones,  contraction des expressions françaises : « Mettre les choses à plat » et aussi « mettre cartes sur table »  )

Un jour que je l’emmenais en promenade en voiture : Oh elle est « viragée » cette route !

Lui ! Il n’est pas sorti de la cuisse  de Jules Piter hein ! (Jupiter à de la concurrence ! )

Voilà une des raisons pour lesquelles il ne faut garder des gens que le meilleur.

La fraise dans le cerisier

CerisiersWanda, elle est belle ! Très belle ! Et puis elle est forte, rapide, téméraire, fougueuse. Pleinement vivante, une guerrière, libre et incontrôlable, probablement un peu folle aussi, enfin c’est ce qu’il me semble… Je garde de notre rencontre un souvenir inoubliable.

Il y a quelques années, mon (futur ex) mari et moi avons vécu quelques mois dans un village situé au sommet d’une colline. Nous savourions la douceur, le soleil, la mer à perte de vue, la tranquillité. Nous étions jeunes et beaux…. Oups ! je m’égare là !

Parce que nous étions terriblement sympathiques (si, si !) nous avons rapidement fait connaissance avec tous les habitants du centre ville (Ils étaient 23 quand même) et nous avons fait considérablement chuter la moyenne d’âge (78 ans avant notre arrivée). Nous étions de toutes les parties de pétanques et des rassemblements festifs. La vie était douce.
Je me souviens des jolies ballades sur un chemin aboutissant sur une minuscule et adorable chapelle abandonnée. Des cerisiers poussaient sur les terrasses à flanc de colline, leur somptueuse floraison printanière laissait augurer des fruits en abondance. Je n’osais pas, et surtout je ne savais pas à qui demander la permission d’en cueillir une poignée lorsque le moment serait venu.

Mais le hasard fait parfois bien les choses  Une des mamies avec laquelle j’aimais bien discuter me dit un jour « les cerisiers sur les terrasses en contre bas du chemin sont miens, si tu veux bien me ramener un petit panier de cerises, tout ce que tu peux cueillir sera pour toi, moi je suis trop vieille, je ne peux plus y aller ».

Hmmm !  la perspective des cerises bio cueillies par mes petites mimines et aussitôt mangées, peut être même pousser l’audace jusqu’à faire le premier pot de confiture de ma vie.. Oh mais voui, bien sûr, je vais me dévouer pour rendre ce service à cette gentille mamie.

Il faut que je précise un détail d’importance importante. Nos promenades jusqu’à la chapelle, alors seul et unique bâtiment niché dans son joli écrin de verdure étaient devenues un défi car le vieux Marcel, enfant du village et commissaire de police retraité avait fait construire tout récemment sa maison près de la chapelle solitaire. Il y vivait avec Wanda, prunelle de ses yeux, son doudou, son féroce bébé de 40 kg à la belle robe noire et feu… Je ne sais plus la marque, je crois que c’était un Doberman.

Ah oui, je parlais des cerises ! Nous voilà en contre bas du chemin, sur la 2eme terrasse, tout à notre cueillette, nous régalant du fruit juteux et sucré, des enfants n’auraient pas été plus ravis. L’après midi était doux et magnifique, pas un bruit si ce n’est le chant des oiseaux, pourtant au bout de quelques minutes je me sentis soudain mal à l’aise, comme épiée et ma petite voix, qui ne se trompe jamais, tirait le signal d’alarme !

Je me retournais et… Aïe aïe aïe ! Wanda était là, sur la planche au dessus, à seulement 7 ou 8 mètres de moi. Mais c’est tout près ça ! Beaucoup trop près ! J’avais l’impression d’avoir sa gueule au niveau de mon petit nez…  Elle était immobile, les babines retroussées, n’émettait pas un son et ne me quittait pas des yeux. L’angoisse ! J’étais devenue blanche si tant est qu’on puisse l’être davantage que je ne le suis de nature, je pense que j’ai du frôler la transparence !
Mais depuis combien de temps est elle là ? On n’a rien entendu !

Je respirais à fond pour me ressaisir et essayais de parler sur un ton normal à mon mari occupé sur le cerisier à côté. Retourne toi lentement je lui dis, il y a Wanda juste au dessus, elle va nous bouffer, elle a déjà mordu Madame Mazette il y a 15 jours et Monsieur Papet il y a 1 mois.
II se retourna puis me prévint en me parlant lentement et en me regardant bien droit dans les yeux car il connaissait ma peur des chiens.

– En effet, elle est prête à se jeter sur toi. A mon signal, je vais lancer un caillou au loin pour attirer son attention, tu auras 2 secondes pour grimper dans le cerisier.
– Quoi ? Mais….. je suis petite, la première branche est à 2 mètres de hauteur, je vais faire comment ?
– Tu te débrouilles, mais c’est ta seule chance, tu n’as pas le choix, tu grimpes et c’est tout !

Il lança la pierre et je ne sais par quel miracle, poussée par la peur ou par mon ange gardien, je me retrouvais dans le cerisier ! Egratignée de partout, je saignais, mais j’étais sur ma branche. Tremblante, mais triomphante après cet exploit. Blanche de peur en effet, mais habillée de rouge avec… un chapeau vert je me sentais comme une grosse fraise ! Si ! Si ! C’est simple, fermez les yeux  (pas trop longtemps) et et imaginez…

Wanda était au pied de l’arbre, très menaçante. Cette fois elle grognait et grondait, toujours sans me quitter des yeux. Tous les efforts de mon époux, lui aussi perché dans son cerisier, pour détourner son attention furent vains.

Chacun dans son arbre, ça valait une photo ! Nous aurions pu figurer dans un cartoon ! Qu’allions nous faire ?  La maison de Marcel était à 200 m environ, peut être nous entendrait-il ? Nous nous mettons à hurler bien agrippés à nos branches, je fus prise d’un fou rire nerveux car si la situation était vraiment comique, je n’en menais pas large. Mais pourquoi était-il venu construire sa maison ici ? Et pourquoi avec Wanda ? Rhaaaaa !!! Bon puisque c’était comme ça, je mangeais les plus belles cerises qui maintenant étaient à ma portée ! Voilà ! Je me consolais comme je pouvais. C’est qu’elles étaient encore meilleures celles là ! Je les avais méritées et elles avaient eu leur dose de soleil ! On mangeait et de temps en temps on criait pour appeler Marcel à l’aide.

Nous sommes restés comme ça un long moment. Le soir commence de tomber et puis je n’avais plus envie de cerises moi ! Soudain, ô grand bonheur ! ô joie ! Wanda détourna son regard menaçant et d’un coup fila vers sa maison.

Nous avons attendu qu’elle soit bien loin pour descendre de nos cerisiers respectifs. Je n’y arrivais pas seule, mes jambes tremblaient encore et c’était trop haut pour moi. J’arrivais à poser mes pieds au sol avec l’aide de mon mari.

Nous nous dépêchions pour rentrer, mais soudain un bruit derrière nous nous alertait … Oh non ! Non ! Non et non !  Wanda arrivait à fond de train. Elle se planta devant nous, les crocs bien visibles et elle grogna méchamment ! J’étais livide, les jambes molles et pourtant je n’avais qu’une envie, pulvériser le record mondial du sprint ! Un vrai cartoon je vous dis !

Mon mari ne se démonta pas, il se mit devant moi (ou moi derrière lui, je ne sais plus ! ) et m’intima de ne pas bouger.
Mais c’est dur de ne pas bouger quand on a la frousse. Je m’accrochais à son blouson de mes 2 mains, mais je savais que ça ne suffisait pas alors je collais mon front contre son dos et je fermais les yeux. J’entendais Wanda qui grognait fort et la voix calme et assurée de mon époux : Wanda pas bouger, assis, etc… Et moi je n’avais qu’une envie, prendre mes petites jambes à mon cou, courir de toutes mes forces, très vite, très loin. Mieux ! Je rêvais de téléportation ! De voyage dans le temps ! D’un miracle !
J’entendais les mots autoritaires de mon mari qui ne semblait intimidé devant Wanda toujours aussi menaçante.
Je me convoquais dans mon bureau pour une sérieuse conversation  « Banane ! (oui parce que me traiter de fraise, ça le fait pas) tu ne lâches pas ce blouson, si tu le fais, tu vas mourir ». C’est incroyable la force qu’il m’a fallu pour ne pas lâcher le blouson, je ne savais pas que j’étais capable d’une volonté pareille ! Lutter pour ne pas courir m’avait complètement épuisée et j’ai du user de toute mon autorité pour m’interdire de foncer. C’est fou comme c’était difficile.

Au bout d’un long moment la chienne se détourna soudainement et fila enfin comme une furie. Dès qu’elle fut suffisamment loin mon mari me porta littéralement tellement je tremblais…

Le lendemain je racontais l’histoire à la mamie, en m’excusant pour les cerises que je ne lui avait pas ramenées. J’irais une autre fois lui dis-je, dès que je verrais Marcel dans le village je lui dirais deux mots ou peut être quatre ( pas folle la fraise ! Je n’allais pas aller jusque chez lui hein ! )

Chanson d’automne

Chanson d’automne
Verlaine

Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon coeur
D’une langueur
Monotone…

Les souvenirs d’automne, c’est la rentrée scolaire, l’odeur du papier des cahiers neufs et des livres déjà abimés par les plus grands, c’est l’encre bleue qui tâche les doigts, la toute nouvelle gomme parfumée au Malabar de ma copine de banc, le petit pot de colle blanche avec la si mignonne petite spatule de mon voisin de devant, le crayon à papier tout neuf, le bruit de la craie sur le tableau noir, pas vert ! vraiment noir !
C’est aussi le vieux cartable de l’année passée, qui fera bien encore un an de plus, les nouveaux souliers parce que j’ai grandi… Je ne savais pas que j’aurais du apprécier cette période, quand on a hâte de devenir grand, parce que, e, c’est fichu ! même si je le veux très fort, tout ce que je peux faire, c’est juste grandir… en largeur ! et zutalors !
On se levait quand le maître entrait dans la classe, on attendait qu’il nous autorise à nous asseoir et je pouvais enfin ouvrir le beau cahier neuf, en me promettant de le garder tout beau toute l’année, et comme toutes les bonnes résolutions, je laisse tomber le projet dès la première tâche d’encre !

A la récré les filles jouaient à l’élastique ou à la corde à sauter et les garçons au ballon ou à « chat perché »… Quand des élèves se chamaillaient, ils se mettaient une bonne beigne, le maître les punissait cent fois « je ne dois pas me battre dans la cours de récréation » et à la sortie je voyais les mamans venir chercher leur progéniture avec un goûter à la main….

C’est l’image idyllique c’est vrai, elle me plait, elle est désuète, mais elle est tendre. Cette image d’Epinal me fait sourire à l’intérieur. J’aime l’automne qui s’approche lentement. J’aime cette saison presque autant que le printemps.
Je pense qu’on va bientôt commencer à cocoonner, novembre est là, il faudra sortir la couette et les chats vont adorer se pelotonner dedans après notre travail d’équipe.

Les vignes brillent au soleil après la pluie, les platanes habilleront les rues d’un épais tapis doré craquant sous les pas, le vent fera des folies et les feuilles s’envoleront dans dans tous les sens… Les cheminées commenceront à fumer et les amoureux continueront à s’embrasser, mais devant un feu de bois, bien au chaud, blottis sur leur canapé.

Mes souvenirs d’automne ce sont aussi les écharpes en laine et les gants que l’on sort lorsque souffle la tramontane, c’est le bout du nez rouge, c’est la nuit qui tombe vite, et c’est le soupir de soulagement de mon amoureux quand il rentre fatigué et qu’il me sourit quand je l’accueille.

Bon pour l’instant, il fait encore doux alors va falloir attendre un peu pour sortir la couette !

Laisse moi le temps…

037Laisse moi le temps, le temps de vivre et d’aimer,
Laisse moi le temps , le temps des cris et des pleurs.
Le temps de me libérer et de lire en moi,
De croire que le passé est oublié parfois…
Je sais, que je suis un passager un peu las,
Alors il me faut prendre du temps ici bas.
La vie me fait la belle surprise de l’amour
Il faut que je lui offre un cadeau à mon tour.
Offrir bien plus que l’amour et la lumière
Et des Hommes pouvoir enfin être fière.
Donne moi le temps mon bien aimé, mon ami,
Pour sur cette terre apprendre de la vie…