Une trace indélébile

livreVous souvenez vous de ce cadeau de Noël qui a laissé une jolie trace indélébile dans votre passé ? Vous savez, ce cadeau pas forcément exceptionnel, inattendu ou pas, mais qui vous a touché en plein coeur ?
Si vous voulez vous prêter à ce petit jeu avec moi, on oublie volontairement les cadeaux teints de chagrin, on s’amuse, on laisse vagabonder notre passé, on saisit au vol le souvenir prégnant du fameux cadeau et on partage, juste pour le plaisir.

Je commence, je vais vous dévoiler celui que je n’oublierai jamais :

J’ai 10 ou 11 ans, un ami de la famille m’offre un paquet. Je ne m’y attendais pas et je ne réalise pas vraiment que c’est un cadeau. J’ouvre et un gros flash de joie et de gratitude m’envahit.
Un livre ! Oui un vrai livre. Enfin ! Un à moi toute seule, qui n’a jamais été lu par une autre avant moi, qui n’a pas été tripoté par des mains étrangères aux miennes.
Je le cache, mais au fond de moi j’exulte, j’irradie, je m’envole encore et encore au fur et à mesure que je découvre, et relirais des dizaines de fois l’histoire de cette petite fille qui prenait un ascenseur qui ne s’arrêtait plus de monter, monter, monter, si haut, si loin..

Photo : Philippe Castelneau

Publicités

Charmant bordel

matelles 119C’est le bordel ! Non ce n’est pas grossier, en tout cas pas dans mes propos. C’est juste que c’est vraiment en vrac en ce moment. Avec des pointes à 25°, cet automne est charmant mais il est quand même bordélique.

Mon lilas s’est surpris à refleurir, eh ouais ! (Frime passagère qui me titille un peu, mais je me retiens et je resterai humblement humble) Les papillons dansent dans le jardin et les chats n’en finissent plus de se dorer la pilule sous le soleil de novembre (Oups, re-tendance à re-frimer, mais re-effort pour re-rester modeste).
Les mouches recommencent à narguer 007 (là vous comprendrez qu’il faut absolument que je mette le lien pour que ceux qui n’ont pas suivi puissent comprendre) et lors des soirées tellement douces les grenouilles se remettent à chanter. Nonmého ! elles se croient au printemps ! (Oh les filles faut attendre quelques mois).

Tout cela est cependant très agréable même si ce n’est pas vraiment de saison (je sais, je sais, le climat, la couche d’ozone… Tout fout l’camp ! )

Et en ce printemps particulier y’a aussi les moustiques qui ont une affection particulière pour moi, je crois même qu’ils m’aiment très tendrement, ils ne m’ont pas oubliée. Ils ont l’amour vache et ils essayent à tout prix de me gâcher mon charmant bordel d’automne, mais pas de problème, à partir d’aujourd’hui on va retomber à un 19° glacial et polaire, brrrrr !

La petite chapelle

IMG_0393J’avais rêvé de parcourir le chemin bordé de cerisiers, qui me mènerait de nouveau à la petite chapelle abandonnée.
Je nourrissais depuis si longtemps cette envie de retrouver les murs chauffés de soleil de ma vieille chapelle cachée dans son nid de verdure, m’adosser à sa porte et peut être y déposer une prière ou quelques souvenirs, prendre un peu de temps et sentir comme autrefois mon âme et mon coeur chavirés me transporter vers l’inconnu, vers des rivages au delà…

Premier choc, le sentier vert et frais que j’aimais fouler les mois de juin légers est maintenant carrossable et bitumé.
Deuxième choc, les cerisiers gourmands sont définitivement remplacés par du béton.
Troisième choc tsunami, séisme, disparue ma jolie chapelle abandonnée, si petite et si fragile.

Gros coup de fatigue ! Vite, m’asseoir sur ce banc placé sur l’aire de retournement qui la remplace. M’asseoir sans même ressentir le besoin de prier, essayant seulement de réaliser que je venais de perdre la partie à jamais, il n’y aura pas de play again.
C’est fou comme parfois ce qui devient définitif m’angoisse. J’ai remarqué que bien souvent cela m’attriste lorsque je n’ai plus de choix. Et à ce moment là devant ma chapelle disparue, l’espace d’un instant un grand vide m’a pris par la main.

Il me reste au fond du coeur une lourde mélancolie et cette colère que je regarde passer.
Je quitte ce banc tout neuf, je reprends ma route.
Pas la peine de pleurer un petit rêve de plus. Je sais que sur cette terre il doit exister un autre petit coin pour moi…

Ben voyons !

photo internetIl suffit que je m’absente une petite vingtaine d’années, c’est à dire trois fois rien, pour qu’on me change tout sans me demander mon avis ! Pfff quoi !

Je me suis perdue dans Monaco ! Voui ! Je voulais montrer à mon amoureux quelques endroits que je connaissais bien, où j’avais un peu travaillé et vécu, et je n’ai rien reconnu !
(Ne vous réjouissez pas ! Inutile de me demander en mariage, je n’ai pas la nationalité monégasque, et puis…  La place est déjà prise :p )

Franchement Albert, quel choc ! Tu aurais pu me demander mon avis, et au moins me prévenir, nonmého !  😀

 

Quand on n’a pas le choix

photo internetQuand on n’a pas le choix, faut faire face, prendre le taureau par les cornes, affronter la réalité en la regardant droit dans les yeux et y aller courageusement. Même pas peur !

Je ne laisserai rien derrière moi. Pas une trace. Je suis sûre de moi, aucun doute ne m’habite. Je sais que je peux compter sur moi.

Ce sera lent, je le reconnais. Je ferais très attention pour que ça dure longtemps car je tiens énormément à assumer jusqu’au bout mon courageux combat.

On m’a fait un cadeau. Je suis une fifille polie qui assure pour ne pas froisser autrui, je n’ai donc pas le choix, faut que j’assure. Je sais déjà que je vais en frissonner de bonheur et de douceur. Je suis prête pour le sacrifice sucré, le supplice sensuel, l’orgasme gourmand… Je vais tous les manger !

Petit message personnel pour Gérard Cabiron Grand Roi des Macarons sans Gluten… Je suis toujours d’accord pour que tu m’adoptes.
Petit message pour les lecteurs… Je sais, je l’ai déjà dit, mais je ne vais pas me gêner pour le rabâcher.

PARPAING

MaisonCa a commencé par des grottes car Cro-magnon se contentait seulement de dénicher une caverne ce fainéant ! Une petite grotte car il ne voulait pas que les mammouths puissent entrer dedans ! (oui, je sais…Mais moi ça me fait rire, alors no comment ! ) Puis il y eut les huttes en bois ! Nos ancêtres les gaulois se donnaient du mal pour mettre leur famille à l’abri parce qu’il ne fallait pas que le ciel leur tombe sur la tête (No comment j’ai dit !) Vinrent ensuite les premiers châteaux forts pour faire la guerre, entourés des petites maisons du peuple faites  de pierres, bois ou torchis. Comme ça les châteaux forts étaient bien sécurisés hein !
Les constructions urbaines virent le jour avec l’utilisation des premiers matériaux composés, comme les briques par exemple, et se déclineront de maisons de maître en petits immeubles pour ensuite évoluer en affreuses barres ou en gratte-ciel modernes. Pour ça il a fallu inventer le parpaing.

Et moi j’ai inventé une nouvelle génération de parpaings ! Je ne m’en savais pas capable, mais je les fabrique très bien et même à l’insu de mon plein gré !
J’ai fait plusieurs essais, et mes parpaings sont de plus en plus beaux et denses, je n’en reviens pas. Mon amoureux non plus d’ailleurs. Nous pensons même sérieusement à faire construire une pièce en plus pour agrandir la maison.

Ah je vous sens curieux, vous voulez absolument connaître ma recette ? Je ne sais pas trop si je dois vous la livrer ou déposer un brevet. Attendez, je réfléchis… Bon puisque vous insistez autant, je partage. Prenez un papier et un stylo et notez attentivement :

Branchez la machine à pain offerte par votre amoureux. Versez dans le bac tous les ingrédients nécessaires pour fabriquer un bon et délicieux pain sans gluten en suivant très attentivement la recette spécialement conçue pour obtenir un « merveilleux pain sans gluten, moelleux et goûteux ».

Laissez faire la machine et attendez le bip bip final. Jusque là ce n’est pas trop compliqué. Démoulez, c’est prêt ! Vous venez d’obtenir votre magnifique premier parPAINg, bien consistant.

Vexée vous voulez recommencer pour avoir le dernier mot ? Ô combien vous comprends-je ! Donc on refait un essai ok ?

On change les farines sans gluten, on change également de recette et on la suit au milligramme car le vernis de notre ego est en jeu ! On met la machine en route et on attend patiemment. Quand vient enfin le moment de démouler le pain on est même un peu émue parce que celui là, c’est sûr, ce sera un chef d’oeuvre.

En effet, c’est le cas, un vrai chef d’oeuvre de… ParPAINg ! Encore plus épais et dense, donc plus réussi que le premier!  C’est vraiment un superbe spécimen, voui, voui, voui ! Je précise qu’il existe des parpaings creux, mais ce serait trop facile, moi je ne fabrique que des parpaings pleins ou rien ! Na !

Oh ! Eh ! Oh ! non mais ! Oh ! Kicéki commande ? On ne va pas se laisser faire par un pain sans gluten fait maison n’est ce pas ? Alors on recommence,  mais cette fois-ci exit la machine à pain. On va voir ce qu’on va voir ! Nonmého.

On déniche la meilleure recette du pain sans gluten in the world. On s’applique, on pétrit, on malaxe, on en a mal aux bras, mais le résultat est génial. Quand vient de moment de le mettre au four on entre en apnée car tous les espoirs sont permis. On est à deux doigts d’entourer la date en rouge sur le calendrier.
On recommence à respirer au moment de sortir le pain du four, on en a même une larmichette d’émotion au coin de l’oeil. On appelle avec enthousiasme son amoureux pour assister au spectacle et on sort du four un génialissime parPAINg de compet’ ! Plus beau c’est pas possible ! Plus lourd non plus !

Devant votre bouille plus que vexée votre amoureux finit par compatir après avoir calmé son fou-rire et vous propose de vous aider à faire un vrai bon pain sans gluten. Vous acceptez avec soulagement mais tout de même avec une pointe de scepticisme bien dissimulée.

On s’y met à deux, non seulement on suit à la lettre la nouvelle recette (encore une) avec les nouvelles farines (oui, y’en a plein ! Même des mix prêts à être utilisés, j’ai tout essayé vous dis-je) et on écoute tous les conseils de son amoureux qui cette fois attend avec autant d’espoir et d’impatience que vous le résultat tout en croquant allègrement dans sa fraîche et croustillante baguette de pain achetée chez le boulanger du village, jugeant utile de souligner Ch’est tchrès bon ! Puis d’ajouter aussitôt Oups ! Pardon ma chérie ! En fait le pain du boulanger n’est pas si bon que ça tu sais…

Bien évidemment, vous l’avez deviné, cette fois ci nous avons démoulé un parPAINg de qualité supérieure, mais, mais, mais… un parpaing fait avec Kamour, mon pote de toujours !

Je n’ai toujours pas réussi mon pain sans gluten mais j’ai fabriqué beaucoup de beaux parpaings. Je pense que bientôt on pourra commencer à construire ! Yeahhh !

Les pieds dans l’eau

Kyoto 2008 Jardin des cerfs« Seule sur le sable, les pieds dans l’eau » (Mon rêve était trop beau)1

J’ai les pieds dans l’eau… Ahhh ! Me direz vous, plaisir et bien-être à l’arrivée du mois d’août !
En effet, j’ai dit haaa ! Et aussi ha ??? (Je vous laisse savourer les nuances)

« Il fait beau, il fait bon » (La vie coule comme une chanson)2 ! Je suis contente parce que j’ai un micro climat sur ma tête et malheureusement ce n’est pas vraiment l’été sur le reste de la France.

Bien que je ne sois pas en vacances j’ai pourtant les pieds dans 15 centimètres d’eau fraiche.
Sur le sable ? Non ! Non !
Dans la voiture ? Oui ! Oui ! … Haaa ! Ha ??? (Vous les voyez maintenant les nuances ? )
Après une splendide journée il y a eu un très bel orage hier soir, tout bien comme j’aime.

Ô joie ! Juste avant d’aller travailler ce matin. Eponger longuement, très longuement, car la moquette sous les pédales absorbe vraiment trop bien, hélas ! Et après deux heures « d’épongeage » intensif, non seulement il reste encore beaucoup d’eau, mais surtout… La voiture ne démarre plus ! Rhaaaaa ! (Là il n’y a plus de nuance du tout, je tiens à le préciser ! )

Visite de mon carrossier qui me diagnostique une voie d’eau (Vous savez quoi ? Je m’en doutais un peu ! ). Le-truc-du-chose-qui-est-situé-dans-le-machin qui sert à évacuer l’eau est probablement bouché me dit-il. Donc je laisse mon auto chez le docteur des voitures et je la récupère quelques heures plus tard. Le-truc-du-chose-qui-est-situé-dans-le-machin est débouché !

Résultat : Maintenant il va donc falloir que j’attende longtemps avant de me retrouver les pieds dans l’eau MAIS le moteur de la voiture démarre ! Yessss !

Il fait beau, il fait bon,
La vie coule comme une chanson
Aussitôt que mon auto
Peut m’emmener au boulot…

Là vous pensez qu’il y a pétage de plomb dans ma petite tête ? …. Oui, un peu, mais pas trop, du moins c’est ce qu’il me semble… Vous n’êtes pas d’accord ? Trop c’est trop ?
Bon OK ! Okayyyy ! Je sors du blog, mais lentement, en prenant touuuut mon temps, j’suis pas pressée.
Il manque un boulon (ou deux) dans ma cervelle, alors je ne veux pas aller vite pour que ça ne se mélange pas trop là dedans… Mais je vais finir par sortir… Dans quelques années un moment.. Soyez patients…
Vous avez de la chance parce qu’il faut que j’aille continuer à éponger, sinon le bazar qu’il y a dans mon crâne, c’était pour vous ! C’était cadeau. Ne me remerciez pas !

1 Roch Voisine
2 Claude François

Orages sur Séville

_DSC4558A Séville je me suis faite attaquée .
Je discutais tranquillement avec mon amoureux lorsque soudain quelque chose me frôle brusquement me faisant sursauter. Je ne comprends même pas d’où cela peut venir, mais mon amoureux éclate de rire et me dit de regarder par terre.
Je regarde au sol et je vois, éclatée, affalée, abandonnée à la terre nourricière qui reprenait son bien, l’orange sévillanne, belle, énorme, lourde et juteuse.

Nous levons les yeux et très sagement, mais rapidement, nous décidons de ne pas provoquer la colère de l’oranger dont nous avions emprunté l’ombre : une pluie d’oranges bien mures menaçait.

Et oui, dans la belle citée andalouse il pleut des oranges, je n’invente rien. C’était ma première pluie d’oranges mais pas la dernière. Nous avons subi par la suite d’autres assauts, notamment lors d’une dégustation de tapas, mais toujours avec amusement car les oranges ont toujours raté les petits français ! Elles n’ont pas de radar intégré, ouf, parce que sur ma tête, aïe ! Euhhh… Non, même pas en rêve !

J’imagine qu’il va falloir que j’aille revoir la belle Séville lorsque tous ses orangers sont en fleurs… Je sais déjà que c’est avec volupté que je me délecterais de cette délicieuse et abondante offrande de parfum.

Gourmande ? Oui, complètement et j’assume ! Au fait, Cabiron, qui ne m’a toujours pas adoptée le sapajou, a créé de fabuleux macarons à la fleur d’oranger qui me font me pâmer… *Soupirssss* …

Ramsès

louvre-roi-ramses_1On quitte Paris bien aimé sur un coup de calcaire, un peu à l’insu de son plein gré et on se retrouve à Bout de Brousse presque par hasard, apparemment bien à l’abri de tout et de tous… Et ben nan ! Faut pas se faire d’illusion.
Vous voulez savoir ? OK, je vous raconte…

Par un bel après midi d’été je m’allonge sur mon lit histoire de prendre un peu de repos avec un bon 39° à l’ombre et j’attrape mon bouquin pour assouvir une grosse envie de lecture. Ah que c’est bon !

J’appartiens à 10 merveilleux chats d’amour également en pleine sieste, non pas sur le lit bien collés à moi comme en hiver, mais affalés par ci, par là sur le frais carrelage. Si la température monte encore je pense que je vais faire comme eux, ils vont adorer et je ne donne pas 2 minutes avant qu’ils ne soient autour et sur moi. Comme lorsque je fais un peu de yoga, ils participent activement, impossible de faire une séance sans eux !

Soudain j’aperçois du coin de l’oeil Madouce qui passe devant la porte de ma chambre, puis ressort et revient, ce qui finit par attirer mon attention. Je suis un peu surprise, je l’ai juste aperçue mais aurait elle maigri ? Elle me semble plus grande. Bof, après tout, avec cette chaleur il est bien possible qu’elle mange moins. Mais j’entends le cri de la croquette, c’est probablement elle qui grignotte donc tout va bien.

Je replonge dans mon bouquin car il faut que je sache si l’héroïne va sortir de sa cabane ensevelie sous la neige (quand on n’a pas la clim, on se rafraichit comme on peut). Je perçois à peine Madouce lorsqu’elle passe de nouveau devant la porte mais je me demande quand même pourquoi elle ressort sur la terrasse avec cette chaleur écrasante lorsque je vois Calinou, Yoda, Pavarotti et Clio qui la suivent et quelques secondes plus tard Polpette, Pastis et P’tit Bout puis le reste de la tribu. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, faut que j’aille voir.

Dans les herbes hautes du jardin en contrebas de la terrasse j’aperçois le minois de Madouce et les autres chats autour. Ce n’est pas habituel, mais je ne me pose pas de question, il fait si chaud au soleil, tout est calme, les cigales chantent très fort, puisque tout va bien, je vais retourner à l’ombre de ma chambre.

Et en rentrant c’est le choc car je vois Madouce étalée sur le carrelage. Don d’ubiquité ? Je sais que mes matous sont capables de rentrer très vite dans la maison par d’autres ouvertures, mais j’ai comme un doute et mon coeur se met à battre un peu fort. Je file direct au bout de la terrasse me penchant sur la rambarde pour scruter le jardin. Je la vois toujours dans l’herbe. Je reste figée, ce n’est pas elle et je connais mes lascars, le moindre intrus dans la tribu est sauvagement mis à la porte. A ma surprise, le sosie de Madouce se couche dans l’herbe et laisse les autres l’approcher. Personne ne grogne donc ce n’est sûrement pas la première fois qu’ils se rencontrent. Je comprends soudain pourquoi je trouvais que depuis plusieurs semaines les bols de croquettes se vidaient plus vite que d’habitude. Ce petit coquin se faisait très discrètement passer pour Madouce et ça marchait jusqu’au moment où il a été moins prudent. J’ai pris seulement maintenant en plein flag le squatteur usurpateur d’identité, le petit coquin !

Lorsqu’un chat extérieur arrive tout de même à s’aventurer dans le jardin je le sais très vite car ma tribu se regroupe et fait front, miaulant et feulant pour intimider l’intrus qui n’en mène pas large. C’est le moment où j’interviens, j’enferme mes matous dans la maison pour pouvoir laisser grand ouvert le portail qui mène vers la forêt. Le lendemain matin, le chat inconnu est reparti à son aise vers sa maison et la vie reprend son cours.

Je suis sidérée de voir que le petit voyou qui se faisait passer pour Madouce est presque comme chez lui, les miens, je ne sais par quel miracle, semblant l’avoir accepté. Je ne peux pas adopter un 11eme chat, donc procédure habituelle pour cette nuit, le jardin sera ouvert pour qu’il puisse repartir chez lui. Il n’en fait rien car je le retrouve le lendemain et voyant que je ne lui veux que du bien, il s’installe de plus en plus.

Je le mets en confiance et il vient petit à petit. C’est vraiment le sosie de Madouce, mais il est très haut sur pattes. Spontanément je l’appelle GrandGibus. J’ai l’impression qu’il est jeune bien qu’il soit très calme, il semble également en bonne santé. Dans les semaines qui suivent il ne se contente plus d’aller jusqu’aux bols de croquettes, il s’aventure davantage dans la maison. D’ailleurs il veut absolument dormir avec moi sur le lit. C’est chose impossible car les miens n’accepteraient pas pareille trahison, faut pas pousser hein ! Ils ne partageront jamais leur lit (Voui, ce n’est pas le mien, c’est celui des chats). Le matou n’a pas de tatouage mais il est évident qu’il a l’habitude d’une maison. Il aime mes câlins et dès qu’un de mes chats passe près de lui, il se met en position de soumission. Tout se passe bien mais faut que je retrouve ses maîtres.

J’en parle autour de moi, je mets des mots sur les vitrines des quelques magasins du village. Je dois passer voir mon véto pour faire le plein de croquettes et je demande si quelqu’un a signalé un chat perdu depuis 2 mois environ. L’assistante vétérinaire regarde sur son cahier et me donne l’exacte description de mon GrandGibus perdu depuis 3 mois. J’appelle aussitôt le numéro. Je parle du matou et une voix féminine pleine d’espoir me dit qu’elle n’y croyait plus, elle va essayer de rentrer plus tôt de son travail. Je l’attends toute contente, tout correspond je suis donc presque sûre que je vais les réunir.

Lorsqu’elle arrive je fais alors connaissance d’une amoureuse des chats et comme moi elle en a beaucoup. Elle habite à quelques centaines de mètres, elle m’explique que son voisin n’aime pas les chats et il fait tout pour les effrayer bien qu’ils ne puissent entrer dans son jardin. Le jour où son chat a disparu le voisin se vantait de lui avoir fait très très peur ! Pffff !

J’emmène la jeune femme vers la terrasse où se repose GrandGibus. C’est l’angoisse, pourvu que ce soit bien son chat. Dès que j’entends sa joie j’ai comme un grand soleil à l’intérieur. Ouf ! Je ne lui ai pas donné de faux espoirs, elle est si heureuse de retrouver son matou et moi de savoir qu’il va retrouver sa maîtresse qui en pleure de bonheur et moi avec elle !

Elle m’apprend que le pépère est âgé de 13 ans ! Il ne fait vraiment pas son âge, et il s’appelle Ramsès !

Photo internet : Le Louvre – Ramsès

Nonmého !

phone juillet 2013 205Non mais je n’y crois pas !
Moi j’allais juste étendre le linge sur la terrasse, c’est tout. C’est même courageux compte tenu de la chaleur et du soleil aveuglant. Il n’allait pas se pendre tout seul hein !
C’est quand elle m’a vue passer qu’elle a fait ça : cette petite insolente a osé ! oui ! oui !
La chipie était bien cachée et m’a eue par surprise.
Déjà qu’elle me casse les oreilles toute la journée en hurlant, c’est lassant à la fin et même si je suis tolérante et ne dis rien, voilà que l’ingrate se permet l »impensable!
Normalement ce n’est pas sa cachette car ce n’est vraiment pas son coin préféré, je ne vois pas pourquoi elle est venue jusqu’ici si ce n’est pour commettre son forfait.

Je l’annonce solennellement. Aujourd’hui je me suis fait faire pipi dessus par une cigale* !

Nonmého, savapa  ?!?!

Beurk ! Voilà, c’est officiel, moi, la citadine qui n’avait jamais vécu à la campagne et n’avais même jamais vu cette bébête en vrai,  je me suis fait baptiser par le pipi d’une cigale ! groumphhh !
Je décrète que c’est une voyouse parce que je ne lui ai rien fait, je suis une gentille fille moi. Elle s’était planquée dans le murier où-elle-n’a rien-à-faireuuuuhhhh ! Son domaine c’est la forêt en face épicétou ! D’ailleurs je la soupçonne fortement de faire partie d’un gang, oh juste un petit groupe de quelques milliers de milliards de cigales, pas plus, je ne voudrais pas exagérer quand même ! mais je me méfie maintenant quand je dois passer sous le murier.
Murier qui trône bien sûr au milieu de ma petite terrasse, je n’ai pas trop le choix, faut que je passe régulièrement dessous…
Je suis plus vieille qu’elle, le « respecte » se perd ! pffff !

*
Quand une cigale a peur, elle pousse un petit cri et elle fait un lâcher de pipi, style mini Canadair !

Derrière le temple

ob_cb3ba85c8b729ea71ea6eb72a8e240b6_img00036

Au Japon, avril 2008, le temple est envahi de touristes dont une très large majorité de japonais car c’est leur seule semaine de congé dans l’année pour « Bokutei Sakura Matsuri » ou la « fête des cerisiers en fleurs ». Je m’éloigne de la cohue et de l’agitation pour prendre le temps de savourer cet instant et derrière le temple une surprise m’attend.

Calme, douceur, tranquillité, 2 jeunes femmes, souriantes, sereines,en kimono en l’honneur de la « contemplation des fleurs de Sakura » . Un peu plus tard, elles partiront sous les merveilleux cerisiers fleuris pour partager un pique nique en famille.

Petit moment précieux, on se parle par signes, on se comprend un peu, du moins il me semble. Elles se serrent pour me faire une place près d’elles sur leur banc. Quelques instants plus tard, tout se tait en moi, la quiétude prend enfin place en mon coeur et le temps s’arrête…

Vous pouvez retrouver les commentaires publiés sur mon ancien blog ici