Muy bien

Seville 2014Une longue semaine de vacances. Vous imaginez mon calvaire ? Je vous fais une petite synthèse pour que vous preniez l’aune de ma souffrance. Le soleil, la chaleur, les promenades, les visites culturelles, la beauté du site, les bisous avec mon amoureux, les tapas (sans gluten), Les sympathiques tabernas, les mots qui chantent même si je ne les comprends pas, les doigts de pieds parfois en éventail, mais parfois fatigués par nos virées sévillanes, une semaine de torture je vous dis !

Le triangle que mon décolleté laissait entrevoir fut blanc, mais ça c’était avant ! Maintenant c’est un triangle rouge que je promène parce qu’à Séville il a fait grand soleil durant cette semaine enchantée et enchantante.
Le nez ? ça va ! rose, mais pas trop ! Les bras ? Pareil ! Ils ont fait concurrence à certains fuchsia, mais ça va mieux.

Le plus amusant ? Les tâches de rousseurs sur mon petit minois, discrètes en hiver, elles se révèlent dans toute leur splendeur dès les premiers soleils et à Séville il devait y avoir « très beaucoup de soleils » un peu partout dans les cieux !

Pfffiou ! Je suis fatiguée moi ! Allez, siesta española más !

Publicités

Un petit tour et puis…

Bateau au soleilJe vais faire un petit tour et je reviens…

Un petit tour en train,
Et aussi un petit tour en avion,
Puis un délicieux petit « écartage-de doigts-de-pieds-au-soleil »,
Et je reviens toute neuve pour la semaine prochaine, promis, juré, craché (Euh non, pas craché, moâ je suis une fifille qui ne crache pas,)

Je suis en vacances ! Yeahhhh !

Mon petit bout de chance

Rio GrandeA Rio Rancho au Nouveau Mexique, je me promène avec Byron et Mason sa fille de 7 ans sur les bords du Rio Grande. Le temps est doux et la ballade agréable. Le fleuve nous accompagne tranquillement, je fais le plein de souvenirs, de couleurs et de bonheur.

J’aurais aimé voir les ours, je sais, vous pensez tout de suite que courageuse je suis…  Mais j’ai quand même croisé des sauterelles. Oui j’en conviens, ce n’est pas le même gabarit, mais je fais avec ce qu’il y a ce jour là.
Mason attrape un joli serpent noir et vert, il est terrorisé et se met à tournoyer, il faut le relâcher avant qu’il se blesse, je n’ai pas eu le temps de le caresser, il s’est trop vite caché dans les cailloux.
J’apprends que les yuccas servaient aux indiens pour de nombreux usages et les pointes de ses feuilles dures et ligneuses sont affutées, gare à qui les frôle !
Nous traversons un champ de fleurs jaunes pour découvrir un banc de sable marqué par les larges traces des oies sauvages qui cherchent à dormir en sécurité à l’abri des buissons quand tombe la nuit.

Byron et sa fille aiment parcourir les berges du Rio Grande, cherchant les turquoises que le fleuve dépose sur ses rives lorsque son niveau décroit. Il m’explique que lors de certaines cérémonies les indiens aiment à y jeter des bijoux en offrande pour calmer ses colères.

Il est rare d’en trouver me dit-il au moment même où je m’exclame, ahhh ! I found one ! Du moins je pense que c’est ça ! Au milieu d’un amas de gravier de toutes les couleurs, car le territoire est riche en minerais de toutes sortes, une tâche vraiment minuscule de ce bleu-vert a attiré mon oeil. Serait-ce un morceau de bijou indien ? Byron se précipite, oui ! c’est une turquoise ! Il me congratule car il est rare de trouver une perle, de plus elle est pâlie par le temps… Valeur ajoutée ! Il me dit que ça porte chance.

J’ai remercié le ciel pour  l’indien qui a fabriqué ce bijou sacrifié et pour le fleuve qui me l’a offert en retour. Je suis toute contente, je vais emporter en France mon petit bout de chance.

photo ph.c

Il faut choisir..

P1020350Mon écrivain préféré ne se contente pas d‘écrire des livres, il s’est découvert depuis 1 an une seconde passion, la photo.

Il a investi dans un appareil, pris quelques cours et comme il a l »oeil affuté… Je kiffe comme disent les djeuns !

Lui il sait ce qu’il faut photographier et il sait raconter, vous trouverez donc entre autres choses sur son blog des photos et récits de notre journal de voyage aux USA.

Moi, c’est lui que j’aime photographier, c’est déjà pas mal ! Donc entre le Golden Bridge et lui…

Mais bon, chut ! Je compte sur vous, il ne faut pas lui dire que j’ai écrit un billet à sa gloire, ça va le mettre mal à l’aise et il va me priver de bisous (et ça c’est inenvisageable ! 😉  )

J’ai emporté son sourire…

A Djerba la Douce, en 2004, je pars en vacances avec des amis. Nous prenons du bon temps, on devient dorés comme des brugnons, les « gazous » draguent les « gazelles », la vie est belle, nous n’avons que l’embarras du choix entre plages, excursions et visites… nous nous vidons la tête des soucis, de la vie quotidienne, de la France. C’est la détente et l’insouciance, on nage, on rigole, on court.. on a envie de croire que la vie est belle et on y arrive ! nous marchons beaucoup et j’aime me fondre dans la foule, parler avec les gens du pays, écouter les mots que je ne comprends pas,  voir toutes ces couleurs, happer par-ci par-là les parfums des épices,  boire un bon thé à la menthe avec mes potes, à l’ombre d’une jolie terrasse, parler de tout et de rien. Je me sens bien et je réalise à quel point j’ai de la chance. Cette petite semaine de vacances va me faire un bien fou, j’en suis sûre mais j’étais loin d’imaginer à quel point !

Par une belle journée de soleil, nous décidons d’aller nous balader au gré de nos envies, Nous savons que rien n’est anodin, et nous irons là où le vent nous mènera. Nous passons devant un centre spécialisé pour enfants qui nous semble bien modeste et nous décidons d’aller faire un don. Le directeur nous reçoit, il tient absolument à nous faire visiter l’établissement qui est plus que sobre et qui manque visiblement d’équipements adaptés. Il nous entraine fièrement vers une salle de classe où un professeur spécialisé essaie d’aider les enfants. J’écoute son discours mais très vite je lâche prise car un petit garçon d’une dizaine d’années assis sagement à son bureau devant moi attire de suite mon attention.

Nous nous « regardons » pourtant son regard est presque vide. Je me sens mal à l’aise. il ne détourne pas la tête un seul instant et je ne comprends pas ce qu’il essaie de dire avec ses yeux. Son visage quasi inexpressif se veut de plus en plus insistant, et moi je reste bêtement plantée là, à le regarder en me posant plein de questions.

Soudain, il s’agite, et dans un grand geste désordonné il lance maladroitement sa main par dessus son bureau, la paume ouverte et il attend.
Je ne comprends pas pourquoi sa main est là pendue dans le vide, à quelques centimètres de moi, je ne sais pas quoi faire, ni quoi dire, mais il est figé, il garde obstinément sa main comme ça et moi je suis toujours plantée là…

Tout d’un coup, j’ai une pulsion et je lui prends doucement la main et là, le choc ! son visage inexpressif prend vie, il me sourit ! mais je veux dire : il me sourit vraiment, du plus profond de son âme.  Tout son visage s’illumine, ses yeux deviennent joyeux. Il paraît véritablement content car il se met à rire et il semble heureux. Une joie authentique émane de ce petit garçon qui me remplit le coeur d’une forte émotion. Je réalise soudain que je reçois plein d’amour. Je ne saurais pas comment l’expliquer, mais c’est très fort ! je ne m’y attendais pas, et  je suis tellement bouleversée que je me prends aussi une bonne paire de baffes émotionnelles ! J’ai besoin de quelques instants pour entrer en acceptation de toute cette émotion, puis à mon tour je suis enfin capable de lui sourire et son regard heureux me transperce le coeur. Je tremble un peu, j’hésite entre les larmes et la joie, je suis complètement désemparée. Puis il faut se dire au revoir, je marche à reculons et lui fais des signes en partant. Jusqu’au dernier moment, il ne me lâchera pas des yeux.

Lorsque j’ai quitté l’établissement j’ai emporté son sourire. Puis j’ai eu honte ! moi l’étrangère, moi la bien portante, moi qui n’ai pas tendu la main la première…

Photo : Philippe C.

Sur le quai

greceJe n’oublierai jamais le jour où je me suis retrouvée seule sur un quai en Grèce, avec 4 brochettes toutes chaudes à la main. Oui ! oui ! ne riez pas (enfin si, un peu ! )

Vous voyez l’image ? J’avais à peine 19 ans, toute fraiche et mimi, je ne portais qu’un Jean, un petit T.shirt rose et 4 brochettes ; Oui, sur le quai d’un petit port grec quasiment vide. C’est ce que j’appelle un intense moment d’incompréhension et de solitude. Où sont passés mes 3 copains ?

Je vous situe l’histoire. J’étais en vacances, en 4L avec mon copain et 2 autres garçons en moto. Nous avons suivi toute la côte italienne, puis la côte yougoslave, contourné l’Albanie et nous sommes arrivés en Grèce ! Je me laissais vivre, chouchoutée par les 3 garçons qui s’occupaient de tout. Je ne cherchais même pas à savoir quelles étaient nos étapes ! bref, la déconnexion complète, les vraies vacances ! (sourire de béatitude)

J’avais juste entendu que pour le retour nous devions prendre 2 bateaux, 1 pour une courte distance et l’autre pour presque 18h00 de trajet.

Par une belle matinée ensoleillée nous sommes arrivés sur un quai. Il y avait foule ! un nombre impressionnant de véhicules, garés dans tous les sens, en attente pour monter dans le bateau qui n’était pas encore là. L’ambiance était chouette, ça parlait dans toutes les langues, ça riait, l’attente commençait à être un peu longue, mais nous étions tous de très bonne humeur.

On a vu un bateau arriver lentement vers le port et c’est à ce moment là que les 3 garçons ont eu une petite faim. Ils m’ont gentiment demandé si je voulais bien aller chercher des brochettes dans la petite rue au bout du port pendant qu’ils rentreraient les véhicules dans le bateau si c’était le nôtre. Il y a tellement de monde et de voitures que j’aurai largement le temps d’aller acheter les brochettes. Je prends juste un peu de monnaie et j’y vais tranquillement.

Ca sent très bon et ça vaut le coup d’attendre car d’autres ont eu la même idée et les brochettes sont magnifiques. Enfin mon tour arrive, il n’y a plus que moi, j’en commande 4, je les vois griller doucement et mes papilles en frétillent déjà !

Je repars enfin triomphalement avec mes 4 belles brochettes à la main, contente de mon achat et de la joie des garçons quand ils me verront arriver avec des souvlakis aussi appétissantes et là…….. je stoppe net ! le quai est vide ! quoi ? comment ça le quai est vide ? J’ai du me perdre ! il doit y avoir un autre quai ailleurs, c’est évident ! Je tourne dans tous les sens et je dois bien me rendre à l’évidence, ce petit port n’a qu’un seul quai. Bon OK, mais où ont été atomisés les centaines de personnes et de véhicules ? hein ? ça ne disparait pas comme ça quand même ! Je lève les yeux, nan ! nan ! pas d’ovni ! ouf ! c’est déjà ça !

Incrédule, je m’avance sur le quai avec mes brochettes en bouquet et je cherche désespérement les garçons lorsqu’il me semble entendre vaguement, venant de très loin, un sifflement léger et des « cris murmurés  » mais je n’arrive pas à les situer. Je scrute la mer et au bout d’un long moment j’arrive à entrevoir le bateau, tout petit, beaucoup-trop-petit-parce-que-déjà-loin ! je devine à peine les 3 garçons en train de s’agiter et crier des mots que je n’entends pratiquement pas !

Je n’oublierai jamais ce moment étrange sur ce quai complètement vide quand j’ai réalisé que les garçons, la voiture et la moto étaient dans ce bateau !

J’étais plantée là, avec mes superbes brochettes à la main.

Probablement avec un air hébété ; Je n’y croyais pas ! ce n’était pas possible, ce n’était qu’un gros coup de soleil sur ma tête sans chapeau, je devais sûrement halluciner. Oui c’est ça ! une grosse hallucination à cause du soleil ! c’est bien ça comme idée ! ça tient la route et donc, comme toute hallucination, ça va passer hein ?

Ben non !

Je n’oublierai jamais ce sentiment de « perdition », étant sans argent et sans papier, sans parler le grec, sans savoir où j’étais et où on allait puisque je me laissais porter et ne m’occupais de rien…. (re sourire de bonheur)

Ils avaient osé laisser sur le quai la seule fille ? rhaaaaaa !!! (regard noir de colère)

Après quelques secondes d’angoisse, je prends les choses en mains (enfin avec celle qui est sans brochettes) et je cherche l’agence qui doit vendre les billets du bateau. Je saurais ainsi si le trajet est court et attendre les garçons pour les trucider ou si je dois trouver une ambassade pour me faire héberger !

J’ai beau chercher, rien ! pas d’agence, pas de bureau, rien je vous dis ! à part quelques pêcheurs qui commencent à arriver et qui regardent un peu « trop beaucoup » vers moi avec un air salace. Mais ce sont sûrement mes brochettes qui leur font envie, oui c’est sûr, ce sont mes belles brochettes qui les attirent, et pas mon petit T.shirt rose hein ?

Je suis un peu perdue là, et dans une colère noire. Je vais m’asseoir sur un gros rocher pour réfléchir à la situation. Je dois sauvegarder mes brochettes des yeux lubriques qui deviennent de plus en plus nombreux…. ce sont MES brochette et puis j’ai besoin d’enguirlander in petto les garçons l tous les 3 ! je ne leur épargne rien ! c’est monumental ! dantesque ! je suis tellement furieuse que je ne regarde même plus autour de moi. Erreur ! je suis trop isolée dans ces gros rochers. Il y a de plus en plus d’hommes qui se rapprochent. On pourrait attenter à la dignité de mes brochettes ! Vaut mieux que j’aille au milieu du quai en priant la déesse de la « fille paumée sur un quai » (en Grèce il y a beaucoup de déesses…. j’ai une petite chance ! ) pour que le bateau revienne avant la nuit. En attendant je continue à menacer les garçons des pires tortures, parce que me laisser là avec mes brochettes, ça ne se fait pas ! nonmého !

Je n’oublierai jamais la tête des 3 garçons tout penauds en descendant du bateau quand ils sont revenus 4 heures plus tard, osant à peine me regarder (si ! si !) m’expliquant que l’embarquement s’était fait très vite, sans normes de sécurité (c’était vrai ! je l’ai vu quand à mon tour j’ai pris le bateau AVEC les garçons) ils pensaient que ça prendrait beaucoup plus de temps, vu le nombre de véhicules, et embarquant la voiture et la moto en dernier j’aurais le temps de revenir. Malgré les explications des garçons, les marins n’ont pas voulu attendre qu’ils viennent vite me chercher…. le bateau devait partir. Il est parti. Sans moi ! Les garçons n’en menaient pas large ! Heureusement qu’il s’agissait du trajet court !

Je n’oublierai jamais que ces 4 heures d’attente furent plus que salutaires pour que je calme ma colère, sinon je les aurais transformés eux mêmes en brochettes !

Vous pouvez retrouver les commentaires publiés sur mon ancien blog ici