Le soleil a rendez vous avec la lune

chat-L-1J’ai failli me noyer! SI, si, je ne mens pas. Mais vous me connaissez, il s’agit d’une noyade particulière sinon ce n’est pas rigolo.

Je vous raconte. Imaginez moi un vendredi matin, je me lève très très tôt et je me régale avec une bassine d’un délicieux thé vert que j’affectionne tout particulièrement. Ceux qui me suivent savent que je suis une « théieuse ».  Revigorée par ce délicieux breuvage, je prends la route, 1 heure après je rentre sur l’autoroute avec la ferme intention de m’arrêter dans quelques temps sur une aire de service pour vidange obligatoire du précieux liquide si joyeusement avalé. Déjà je sais que vous commencez à comprendre où je veux en venir, je suppose que vous pensez déjà aux toilettes inondés ou quelque chose dans ce style… Eh non !

Donc au bout de 2 heures de route je commence à guetter le panneau avec le petit logo signalant les lieux d’aisance lorsque je rentre dans un embouteillage de seulement 8 km pour cause de travaux. Me voilà à l’arrêt total, je me dis que ce n’est pas énorme donc pas de problème, ça roulera dans peu de temps. Une heure plus tard je commence à me faire du souci : J’ai parcouru moins de 2 km.

D’abord je serre les fesses, puis les cuisses, ensuite je serre tout ce que je peux et j’invoque la loi de l’attraction pour trouver un petit coin tranquille. Evidemment sur ce petit embouteillage qui durera « seulement » 4h30 il n’y a pas un seul pipi room, chiotte à la turque, vespasienne, latrines, pot de chambre, goguenot, un buisson accueillant… Nada ! Rien ! Que dalle !

Plus tard encore je sens que je frise la noyade et je me surprends à rêver de couches culottes (A ce point là, vous mesurez probablement le degré de désespoir qui était le mien). Vient le moment où ce n’est  plus supportable. Je prie le ciel et tous les saints, j’invoque même le dieu des WC et la déesse du pipi mais il doivent être sourds… Pas de miracle en vue !
Je vais me noyer, c’est sûr ! La jauge est au niveau des amygdales et dans quelques minutes il sera trop tard…

Soudain que vois je ? Un espace de secours avec le beau téléphone orange pour les urgences urgentes ! Et là, moi je le dis, je le crie, haut et fort, c’est trèèèès urgent !
Allez ! Hop ! ni une, ni deux, ma survie en dépend, même pas peur, n’en déplaise aux mécontents je dirige avec autorité ma voiture entre les files pour passer de la voie de gauche à celle de droite. J’arrive pile poil devant le téléphone orange déjà occupé par un petit camion et une voiture au moteur fumant, je ne serais pas seule mais « tant pire » Je veux vivre, Vite, j’ouvre les portières avant et arrière et… Je m’accroupis pour enfin évacuer quelques dizaines de litres de pipi sur le bitume brulant.

Ah ! Que ça fait du bien ! Oh quel bonheur ! Et comme c’est bizarre… Je me moque totalement des mines réjouies des camionneurs là haut très contents de leur vue sur mon popotin. C’est que j’ai failli me noyer moi !
Il faut croire que ce c’est le destin, ce jour là le soleil avait rendez vous avec ma lune.

Je ferme les portières, une jeune femme vient vers moi tremblante et paniquée, Je me dis qu’elle a peut être frôlé la noyade elle aussi, mais c’est son moteur qui frise l’apoplexie et elle ne sait pas quoi faire. Etant « au sec », saine et sauve sans risque d’explosion de vessie et je me sens soudain d’une bonté infinie. Les véhicules dans le bouchon roulent tellement pas peu, j’ai tout mon temps. Je lui fait ouvrir le capot et après quelques conseils, me semble t-il judicieux, je reprends le volant, me remets dans la lente et interminable file, cette fois sans craindre la noyade, patientant encore et encore et… encore. Je mets mes CD et je me détends enfin,

J’ai perdu 4h30 sur l’autoroute, mais j’ai fait un fabuleux pipi du tonnerre de Zeus immortalisé par les caméras de surveillance ! Plus rien de grave ne peut m’arriver maintenant, je fais même un clin d’oeil au routier qui n’a rien loupé de ma résurrection ! Elle est pas belle la vie !
photo internet

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Les pieds dans l’eau

Kyoto 2008 Jardin des cerfs« Seule sur le sable, les pieds dans l’eau » (Mon rêve était trop beau)1

J’ai les pieds dans l’eau… Ahhh ! Me direz vous, plaisir et bien-être à l’arrivée du mois d’août !
En effet, j’ai dit haaa ! Et aussi ha ??? (Je vous laisse savourer les nuances)

« Il fait beau, il fait bon » (La vie coule comme une chanson)2 ! Je suis contente parce que j’ai un micro climat sur ma tête et malheureusement ce n’est pas vraiment l’été sur le reste de la France.

Bien que je ne sois pas en vacances j’ai pourtant les pieds dans 15 centimètres d’eau fraiche.
Sur le sable ? Non ! Non !
Dans la voiture ? Oui ! Oui ! … Haaa ! Ha ??? (Vous les voyez maintenant les nuances ? )
Après une splendide journée il y a eu un très bel orage hier soir, tout bien comme j’aime.

Ô joie ! Juste avant d’aller travailler ce matin. Eponger longuement, très longuement, car la moquette sous les pédales absorbe vraiment trop bien, hélas ! Et après deux heures « d’épongeage » intensif, non seulement il reste encore beaucoup d’eau, mais surtout… La voiture ne démarre plus ! Rhaaaaa ! (Là il n’y a plus de nuance du tout, je tiens à le préciser ! )

Visite de mon carrossier qui me diagnostique une voie d’eau (Vous savez quoi ? Je m’en doutais un peu ! ). Le-truc-du-chose-qui-est-situé-dans-le-machin qui sert à évacuer l’eau est probablement bouché me dit-il. Donc je laisse mon auto chez le docteur des voitures et je la récupère quelques heures plus tard. Le-truc-du-chose-qui-est-situé-dans-le-machin est débouché !

Résultat : Maintenant il va donc falloir que j’attende longtemps avant de me retrouver les pieds dans l’eau MAIS le moteur de la voiture démarre ! Yessss !

Il fait beau, il fait bon,
La vie coule comme une chanson
Aussitôt que mon auto
Peut m’emmener au boulot…

Là vous pensez qu’il y a pétage de plomb dans ma petite tête ? …. Oui, un peu, mais pas trop, du moins c’est ce qu’il me semble… Vous n’êtes pas d’accord ? Trop c’est trop ?
Bon OK ! Okayyyy ! Je sors du blog, mais lentement, en prenant touuuut mon temps, j’suis pas pressée.
Il manque un boulon (ou deux) dans ma cervelle, alors je ne veux pas aller vite pour que ça ne se mélange pas trop là dedans… Mais je vais finir par sortir… Dans quelques années un moment.. Soyez patients…
Vous avez de la chance parce qu’il faut que j’aille continuer à éponger, sinon le bazar qu’il y a dans mon crâne, c’était pour vous ! C’était cadeau. Ne me remerciez pas !

1 Roch Voisine
2 Claude François

Le « respecte »

vieille voisineMa vieille voisine ne sort plus beaucoup de chez elle.
Elle a 96 ans, toute ses facultés intellectuelles et un caractère bien trempé, mais elle n’a plus trop de forces pour marcher.
Elle aime observer attentivement par sa fenêtre du rez-de-chaussée les gens qui passent. Elle peut y passer des heures, en étudiant bien attentivement chacun d’entre eux. Elle connait les noms de beaucoup, leurs habitudes, elle sait à quelle heure ils arrivent ou partent et s’ils sont en retard elle le remarque. Elle commente aussi les « étrangers » qui entrent ou sortent de chez ses voisins ! Je l’ai même vue prendre des notes sur un cahier à spirale ! si ! si ! véridique ! C’est pour ne pas oublier m’a t-elle dit !
Parfois un natif du village ou une connaissance s’arrête pour lui faire un brin de causette et les journées lui paraissent moins longues. De temps en temps je lui rends visite pour m’assurer que tout va bien (elle sera centenaire, j’en suis sûre ! ) et je passe un peu de temps avec elle. En quelques minutes je sais ce qui se passe dans ma rue car elle se fait un devoir de tout me raconter, elle s’offre même le plaisir d’en rajouter.
Elle se vexe lorsque lors de mes visites suivantes je ne me rappelle plus ce qu’elle m’avait raconté sur untel la fois d’avant ! Elle me fait rire car elle prend tout ça très au sérieux et elle ne comprend pas que je ne fasse pas comme elle.
Sa vie est un long fleuve tranquille maintenant. Enfin presque, il y a eu des remous dernièrement !

Voilà qu’un « petit jeune » de 50 ans a emménagé pas loin, et il a pris l’habitude de garer sa voiture juste sous la fenêtre de la mamette et cela lui gâche son point de vue.
Ah ça non ! un peu de respect tout de même ! ces jeunes ! ça n’a plus aucune considération pour les anciens, Elle à 96 ans et demi, donc il lui le doit, « le respecte » comme elle dit, en criant et tapant fort de la main sur la toile cirée jaune de sa table pour bien affirmer son bon droit.
D’ailleurs s’il continue elle dit qu’elle lui réserve un chat de sa chienne (ou l’inverse) ou alors elle lui « fera voir de quel bois elle va le chauffer », elle a dit aussi qu’elle va « lui casser du beurre sur le dos » auprès des autres voisins… et d’autres choses encore…  mais je ne me rappelle plus moi ! probablement parce que je n’ai pas pris de notes sur un cahier !

Elle lui a demandé plusieurs fois de se garer un peu plus bas, ou un peu plus haut, c’est comme il veut, afin qu’elle puisse bénéficier de son poste d’observation.
Elle précise aussi que c’est un trottoir, on n’a pas le droit de s’y garer.
Oui, oui, il dit toujours oui, il n’est pas contrariant hein ? Mais il remet toujours sa voiture devant SA fenêtre.
Au bout de quelques semaines la vieille dame perd patience et je la vois sortir à petits pas, avec précaution, elle me voit et me sourit avec un regard malicieux. Elle porte un seau, un balai brosse, une serpillère et elle se met à badigeonner très copieusement le pare brise avec beaucoup de savon en poudre et très peu d’eau. Je reste stupéfaite, j’ignorais qu’elle avait autant d’énergie ! et je me demande bien ce qu’elle est en train de faire ? elle ne  va lui laver la voiture quand même ? là je ne comprends plus ! je vais la voir pour vérifier qu’elle n’a pas pété un boulon.
Elle m’accueille avec un grand sourire, elle est un peu essoufflée mais vraiment contente d’elle. Le pare brise est bien blanc. Et maintenant me dit elle, il suffit d’attendre que ça sèche, et dans le sud ça sèche vite et bien.
Le « petit jeune » n’a plus remis sa voiture devant la fenêtre de ma vieille voisine ! Bien joué la mamie !